couvrir

Définition, traduction, prononciation, anagramme et synonyme sur le dictionnaire libre Wiktionnaire.
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Français[modifier]

Étymologie[modifier]

Du latin cooperire (« couvrir totalement, accabler »). La racine latine est composée de co- (préfixe augmentatif) et operire (« couvrir, voiler »).

Verbe 1 [modifier]

couvrir \ku.vʁiʁ\ transitif 3e groupe (conjugaison) (pronominal : se couvrir)

  1. Garantir à l’aide d’une chose qu’on étend ou met sur une autre.
    • Deux autres aides […] enlevèrent rapidement la camisole de Troppmann, lui placèrent les mains derrière le dos, les lièrent en croix et lui couvrirent le corps de courroies. — (Ivan Tourgueniev, L'Exécution de Troppmann, avril 1870, traduction française de Isaac Pavlovsky, publiée dans ses Souvenirs sur Tourguéneff, Savine, 1887)
    • Ils avaient une maison à eux. […]. Oh ! une vraie cabane ! couverte de chaume, bâtie en pisé, fermée par des volets qui claquaient au vent ; […]. — (Émile Thirion, La Politique au village, p. 324, Fischbacher, 1896)
    • Couvrir une voiture avec la bâche.
  2. Donner des vêtements, vêtir.
    • Cet enfant s’enrhumera, vous ne le couvrez pas assez.
  3. Charger, remplir à l’extérieur.
    • Ce cabriolet m’a couvert de boue.
  4. Être répandu sur ; être étendu sur.
    • La région que nous parcourons est une vaste plaine monotone, […]. Son sol est formé d'une couche presque ininterrompue d'une terre végétale noire et grasse qui, au printemps, se couvre de blé, d'orge, de maïs, de fèves, de pois chiches. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, p. 36)
    • Le thermomètre est descendu à -6° ; tout le gréement était couvert de givre et de glace que je dus casser en montant dans la mâture ; […]. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
    • Le ciel est huit dixième couvert par cumulus et cumulo-nimbus, et un vent de S.-S.-E. à S.-E. de 60 kilomètres-heure augmente notre vitesse jusqu'à 240 kilomètres-heure. — (Jean Mermoz, Mes Vols, p.91, Flammarion, 1937)
    • La grande forêt des Ardennes est une des plus chargée de mystères. Dans sa partie orientale, elle couvre un plateau accidenté coupé de vallées et de ravins profonds. — (Georges Blond, L'Agonie de l'Allemagne 1944-1945, Fayard, 1952, p.130)
  5. Interposer une chose comme défense ou rempart.
    • Il le couvrit de son corps.
  6. (Militaire) Assurer un tir de suppression pour protéger un élément ami en mouvement.
    • Vas-y, je te couvre !
  7. Cacher.
    • Elle tâchait de couvrir sous ces paroles menaçantes la joie de son cœur.
  8. Pallier, excuser.
    • Sa haute réputation et l’éclat de ses victoires couvrirent ces irrégularités.
  9. Effacer, réparer, en parlant des fautes, des manquements.
    • Une amnistie a couvert ce délit.
  10. Dominer, étouffer.
    • Le bruit qui se faisait dans l’assemblée couvrait la voix de l’orateur.
  11. (Commerce) Suffire à.
    • Le produit de la recette n’a pas couvert les frais.
  12. (Biologie) S’accoupler avec la femelle.
  13. (Média) Relater journalistiquement un événement.
    • Cette manifestation a été largement couverte par les médias.
  14. (Pronominal) (Réfléchi) Se vêtir, s’envelopper.
    • Se couvrir d’un manteau.
    • (Figuré) Se couvrir des apparences, du manteau de la vertu, cacher ses vices sous des apparences d’honnêteté.
  15. (Pronominal) Mettre sur sa tête quelque chose qui coiffe. Absolument : mettre son chapeau.
    • Couvrez-vous, monsieur.
    • (Figuré) Se couvrir de lauriers, remporter d’éclatantes victoires.
  16. (Pronominal) Être rempli.
    • À partir du mois de juin, la plage, aujourd'hui disparue, se couvrait de tentes pour la saison des bains de mer. — (Frédéric Weisgerber, Au seuil du Maroc Moderne, Institut des Hautes Études Marocaines, Rabat : Les éditions de la porte, 1947, p. 19)
    • Je suis plein d'ardeur. J'invente la parité, en lançant la liste « femme, homme » avec laquelle non seulement je vais perdre des voix mais aussi me couvrir de ridicule – on va l'appeler la « liste chabadabada ». — (Michel Rocard, Si la gauche savait, Robert Laffont, 2005)
    • Incapable d'exprimer mes émotions profondes, je pique une crise et je me couvre de ridicule. On dit que le ridicule ne tue pas. Eh bien moi, ça me tue! — (Paul Longpré, Dans le jardin du monde : Chroniques d'un voyage intérieur, Éditions Fides, 1996, p.140)
    • (Figuré) Se couvrir du sang de quelqu’un, le tuer ou le faire tuer.
    • (Figuré) Se couvrir de gloire.
    • Se couvrir de honte. Se couvrir de boue, s’avilir par des bassesses.
    • Le ciel, le temps se couvre de nuages, ou, absolument, le ciel, le temps se couvre, des nuages s’étendent sur le ciel.
  17. (Pronominal) (Militaire) Se défendre, se protéger.
    • Se couvrir d’un bois, d’un retranchement, d’une rivière, s’en faire un abri contre l’ennemi.
  18. (Pronominal) Se cacher sous.

Dérivés[modifier]

Traductions[modifier]

Traductions à trier[modifier]

Verbe 2[modifier]

couvrir \ku.vʁiʁ\ transitif 3e groupe (conjugaison)

  1. Parcourir d’un bout à l’autre.
    • Derrière la jetée je mouillais mes ancres, ayant couvert, en trente-trois jours, les dix-huit cents milles qui me séparaient des îles Bermudes. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)

Prononciation[modifier]