rejeter

Définition, traduction, prononciation, anagramme et synonyme sur le dictionnaire libre Wiktionnaire.
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Français[modifier]

Étymologie[modifier]

(XIIe siècle) Du latin rejectare (« rejeter, repousser, vomir »).

Verbe [modifier]

rejeter \rə.ʒə.te\ ou \rəʒ.te\ transitif 1er groupe (conjugaison) (pronominal : se rejeter)

  1. Jeter de nouveau.
    • Vous n’avez pu prendre la balle quand je vous l’ai jetée ; renvoyez-la-moi, je vous la rejetterai.
  2. Repousser ; renvoyer.
    • Qu’y a-t-il Héloïse ?
      Le prénom familier rompait l’envoûtement, conjurait le péril. Il la rejetait vers l’enfance, niait sa flamboyante puberté.
      — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
    • On lui avait jeté la balle, il la rejeta avec la même force.
  3. Reporter ; renvoyer à un autre terme.
    • […] ces rites rapprochent aussi l’affatomie des legs et du testament […] Il est frappant qu’il y ait un dessaisissement formaliste effectué inter vivos, mais l’effet complet de l’acte n’est réalisé que post mortem. Il y a cérémonie de dessaisissement et de déclaration de volonté au mallum puis mise en possession immédiate du bénéficiaire […] mais en définitive la mise à disposition complète est rejetée après le décès du disposant. — (Gabriel Lepointe, La Famille dans l’Ancien droit, Montchrestien, 1947, 5e éd., 1956, pp. 120-121)
  4. Jeter une chose dans l’endroit d’où on l’avait tirée.
    • Des bâtiments soulevés par le retournement d’un ice-berg ont été rejetés à la mer brisés comme une noix. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
    • Comme il n’avait pris que du petit poisson, il le rejeta dans l’eau.
  5. Jeter dehors ; pousser hors de soi.
    • Il procédait à de profondes aspirations puis rejetait l’air en produisant une espèce de sifflement particulier. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil ; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
    • La mer a rejeté sur ses bords les débris du naufrage.
  6. (En particulier) Vomir.
    • Cet homme a l’estomac malade, il rejette tout ce qu’il prend.
  7. (Foresterie) Faire des rejets ,repousser après avoir été coupé, en parlant d’un arbre ou d’un arbuste.
    • (Absolument) […] le régime du taillis sous futaie pratiqué en vue de la production de l’écorce et du tan […] a favorisé le Chêne qui, « rejetant » abondamment de souche, a peu à peu éliminé ses concurrents. — (Gustave Malcuit, Contributions à l’étude phytosociologique des Vosges méridionales saônoises, les associations végétales de la vallée de La Lanterne, thèse de doctorat, Société d’édition du Nord, 1929, p. 176)
    • Depuis qu’on a étêté cet arbre, il a rejeté beaucoup de branches.
  8. Mettre une chose en un endroit, après l’avoir ôtée de celui où elle était.
    • Il faut rejeter l’eau de ce bassin dans cette cuve, la terre de ce fossé sur cette couche.
    • Rejetez tous ces détails dans les notes de votre ouvrage.
    • Rejeter les notes à la fin du volume.
  9. (Figuré) Faire retomber.
    • Rejeter un tort sur quelqu’un.
    • Il a rejeté sa faute sur cet homme, qui en était bien innocent.
    • On a tout rejeté sur lui.
  10. (Figuré) Repousser ; ne pas admettre ; ne pas vouloir recevoir.
    • J’ai rejeté bien loin les propositions qu’il m’a faites.
    • Il a rejeté les offres qu’on lui faisait.
    • Sa requête a été rejetée.
    • La Cour de Cassation a rejeté le pourvoi de ce condamné.
    • La Chambre a rejeté la loi proposée.
    • On a rejeté son offre, sa proposition, ses prières, sa demande.
    • On a rejeté ses avis, ses conseils.
  11. Repousser ou condamner, en parlant de personnes.
    • Il fut rejeté même de ses plus anciens amis.
  12. Écarter ; éloigner.
    • Il rejetait délibérément toutes préoccupations étrangères à sa neuve situation. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, p. 116)
    • […], les chevaux s'arrêtent net, ployant sur leurs jarrets et rejetant la tête en arrière sous l'action brutale du mors arabe. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, p. 47)
    • Elle m’horripilait avec ses airs supérieurs, […]. Même sa façon de rejeter ses cheveux en arrière lorsqu'elle riait m'énervait. — (Marie Feyt, Encolie, Éditions Publibook, 2008, p.19)
  13. (Pronominal) Se reculer ; se porter en arrière.
    • Nous reprenons le raidillon ; il n’est guère plus drôle à descendre qu’à monter : tantôt nous étions courbés en avant, maintenant il faut, pour la descente, se rejeter en arrière… — (Gustave Fraipont, Les Vosges, 1923)
  14. (Pronominal) (Figuré) Se reporter, faute de mieux, sur une autre chose.
    • Ne sachant plus que dire pour sa justification, il se rejeta sur les services qu’il prétendait avoir rendus.
    • La lecture m’étant interdite, je me rejette sur les auditions de radio.

Apparentés étymologiques[modifier]

Antonymes[modifier]

Traductions[modifier]

Prononciation[modifier]

Références[modifier]