pencher

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Français[modifier | modifier le wikitexte]

Étymologie[modifier | modifier le wikitexte]

(1530) Du latin pendere (« pendre ») devenu *pendicare en latin populaire → voir pente dérivé du même verbe. (1256) pengier, « être hors de son aplomb ».

Verbe[modifier | modifier le wikitexte]

pencher /pɑ̃.ʃe/ transitif 1er groupe (conjugaison)

  1. Incliner ; baisser quelque chose de quelque côté ; mettre quelque chose hors d’aplomb.
    • Vous étiez seul avec lui, alors vous prîtes un pistolet dans vos fontes, et, tandis qu’il se penchait, vous lui brisâtes les reins. (Alexandre Dumas , La Reine Margot/I/III, C. Lévy, 1886)
    • Presque aussitôt, en un décolletage inélégant, Bert se penchait au-dessus de la table, sur laquelle il étalait une liasse de plans. (H. G. Wells, La Guerre dans les Airs, 1908, traduit par Henry-D. Davray & B. Kozakiewicz, Mercure de France, 1921, page 397)
    • Pencher la tête, le corps.
    • Pencher un vase.
    • Plier les branches d’un arbre et les pencher.
  2. Dans ce sens, se dit en parlant des personnes.
    • Se pencher sur le bord d’une fontaine.
    • Penchez-vous que je rajuste votre coiffure.
    • Airs penchés : Mouvements affectés de la tête ou du corps, que l’on fait pour se donner un air tendre ou mélancolique. Elle a des airs penchés.
    • Il prend des airs penchés.


pencher intransitif

  1. Se dit de tout ce qui est hors de son aplomb, hors de la ligne perpendiculaire ; de tout ce qui n’est pas de niveau, qui va en descendant.
    • Un arbre qui penche.
    • Le mur penche un peu de ce côté-là.
    • Il penche vers le nord.
    • Le terrain va en penchant.
    • Cette balance penche sensiblement.
    • Aucune raison ne le faisait pencher d’un côté plutôt que d’un autre.
  2. (Figuré) Être porté à quelque chose.
    • Hier, en France, il fallait être humanitaire, kantien, philosémite. Actuellement, la mode, chez nous, penche vers un christianisme édulcoré. (Louis Thomas, Arthur de Gobineau, inventeur du racisme (1816-1882), Paris : Mercure de France, 1941, p.43)
    • La plupart des juges penchaient à le renvoyer absous.
    • Il penche plus volontiers vers la clémence que vers la rigueur.
    • Cet état penche vers sa chute, vers sa ruine : Il est en danger d’être ruiné, détruit.
    • Faire pencher la balance : Faire qu’une personne, qu’une chose, qu’un avis, qu’une considération l’emporte sur l’autre.


se pencher pronominal

  1. S’incliner vers le bas ou de côté, se baisser.
    • Julien se pencha dans la salle en s’appuyant assez impoliment sur le devant de la loge. (Stendhal, Rouge et Noir, 1830, p. 423)
  2. (En parlant de choses) Être mis, se mettre dans une position oblique, inclinée, vers le bas.
    • Les garde-fous plantés d’herbes vivaces et de mousses veloutées se penchent sur la rivière et ne tombent point. (Balzac, Le Lys dans la vallée, 1836, p. 31)
    • La grande flamme se pencha dans toute sa hauteur vers le mur du fond. (Charles Ferdinand Ramuz, La Grande Peur dans la montagne, 1926, p. 110)
  3. Se pencher sur : Manifester attention et intérêt pour quelque chose, se consacrer à l’étude de quelque chose.
    • Se pencher sur un problème, sur un cas.
    • Des hommes qui ont d’autres chats à fouetter que de se pencher sur leurs frémissements intimes. (Nathalie Sarraute, Ère soupçon, 1956, p. 86)
    • On peut […] se livrer à un examen critique du système. Cet examen a d’ailleurs été entrepris par de nombreux auteurs. En général, ils se sont penchés à la fois sur la légalité et sur la légitimité du gouvernement de Vichy. (Vedel, Droit constitutionnel, 1949, p. 276)
    1. Avoir, manifester une attitude bienveillante envers quelqu'un, parfois avec une idée de condescendance.
      • Moi, pour aider le peuple à résoudre un problème, Je me penche vers lui. Commencement : je l’aime. (Hugo, L’Année terrible, 1872, p. 325)
      • Après le vote sur le relèvement d’indemnité, l’abbé Lemire me dit : −J’ai voté pour… il faut toujours se pencher sur le plus humble. −Ici, monsieur l’abbé, c’est pour lui prendre son porte-monnaie. (Maurice Barrès, Cahiers, t. 6, 1907, p. 66)
      • Elle était si heureuse, si égoïstement heureuse, qu’elle ne se pencha pas une minute vers les sublimes détresses qui l’entouraient. (Alphonse Daudet, Rois en exil, 1879, p. 416)

Antonymes[modifier | modifier le wikitexte]

Dérivés[modifier | modifier le wikitexte]

Traductions[modifier | modifier le wikitexte]

Prononciation[modifier | modifier le wikitexte]

Références[modifier | modifier le wikitexte]