muet

Définition, traduction, prononciation, anagramme et synonyme sur le dictionnaire libre Wiktionnaire.
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Français[modifier]

Étymologie[modifier]

(Date à préciser) Avec le suffixe diminutif -et, de l’ancien français mu, dérivé du latin mutus et sorti de l’usage sauf sous sa forme féminine et rare mue.

Adjectif[modifier]

Singulier Pluriel
Masculin muet
\mɥɛ\
muets
\mɥɛ\
Féminin muette
\mɥɛt\
muettes
\mɥɛt\

muet \mɥɛ\

  1. Qui est privé de l’usage de la parole, naturellement ou par accident.
    • Il est sourd et muet.
    • Il est sourd-muet.
  2. (Zoologie) (Par analogie) Qui n’a pas de cri.
    • Plus loin, l'idée que le pêcheur trompe et que le pirate surprend sa proie fait attribuer aux clients des Poissons le caractère de bavards fallacieux et sans scrupules , chose d'autant plus étonnante que les poissons sont muets. (Auguste Bouché-Leclercq, L'Astrologie grecque, Paris : Ernest Leroux, 1899, Cambridge University Press, 2014, p. 148)
  3. (Figuré) Qui est empêché momentanément de parler, par la peur, la honte, l’étonnement, ou d’autres causes morales.
    • Il est muet comme un poisson.
    • Il demeura muet d’étonnement.
    • Il fut si honteux qu’il resta muet.
    • La frayeur le rendit muet. Substantivement,
    • Il fait le muet. On dit de même Sa bouche resta muette.
  4. (Figuré) Qui se tait.
    • Plût aux dieux que Teresa fût restée muette elle aussi ! Elle ne cessait de crier : « […] ». (Pierre Louÿs, Trois filles de leur mère, ch. X, René Bonnel, Paris, 1926)
    • Et, tournant à son tour les yeux vers la portière, il s’abîma dans une soudaine et muette rêverie. Le balancement de la voiture l’engourdissait. (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
    • Les grandes joies, les grandes douleurs sont muettes.
    • Les lois sont muettes sur ce point.
  5. (Par extension) Qui est dépourvu de signe, de légende, d'indication.
    • Cette marche vous conduira à partager l'opinion de Lelewel , c'est-à-dire , comme lui , vous trouverez en quelque sorte autant d'intérêt dans l'étude des pièces muettes que de celles qui ont des légendes. (André Jeuffrain, Essai d'interprétation des types de quelques médailles muettes émises par les Celtes-Gaulois, Tours : chez Alfred Mame & Cie, 1846, p. 51)
  6. (En particulier) (Géographie) Qualifie une carte géographique sur laquelle aucun nom n’est inscrit.
    • La carte muette est très-propre, par sa simplicité, à donner à l'élève une idée nette de la configuration et de l'aspect physique d'un pays: la carte intermédiaire lui montre la position des villes et l'étendue des divers états ; ensuite la carte parlante lui fait connaître le nom de chaque objet. (H. Selves, La lithographie appliquée à l'enseignement : Prospectus, Paris : au Dépôt général, 1833, p. 10)
  7. (Figuré) Qualifie la sorte d’expression qu’ont certains objets ou certaines attitudes.
    • Je la regardais — minutes silencieuses où l'on n'entendait que le tic-tac de l'horloge accrochée au mur — et j'essayais de lire dans son visage muet, mais rien d'elle ne m'était familier. (Stefan Zweig, La peur, traduit de l'allemand par Alzir Hella éd. Grasset, 1935, 2002)
    • La peinture est un langage muet.
    • Ses regards étaient de muets interprètes de son amour.
  8. (Théâtre & cinéma) Qualifie la partie du jeu d’un acteur par laquelle il exprime, sans parler, les sentiments dont il doit paraître affecté.
    • Un jeu muet plein d’émotions.
  9. (Théâtre & cinéma) Qualifie une scène où l'action d’un ou de plusieurs personnages se fait sans parler, mais où ils expriment leurs sentiments par le geste, le maintien, l’air du visage, etc.
    • Le cinéma de Charlie Chaplin est riche de scènes muettes.
  10. (Théâtre & cinéma) Qualifie le personnage qui n’a rien à dire dans une pièce, et son rôle.
    • Avoir le rôle muet, jouer un personnage muet c’est à peine mieux que de jouer les figurants.
  11. (Grammaire) Qualifie une voyelle ou une consonne qui ne se prononce pas, bien que figurant dans un mot.
    • E muet, H muette.

Synonymes[modifier]

Antonymes[modifier]

Dérivés[modifier]

Apparentés étymologiques[modifier]

Vocabulaire apparenté par le sens[modifier]

Traductions[modifier]

Nom commun[modifier]

Singulier Pluriel
Masculin muet
\mɥɛ\
muets
\mɥɛ\
Féminin muette
\mɥɛt\
muettes
\mɥɛt\

muet \mɥɛ\ masculin (équivalent féminin : muette)

  1. Personne privée de la parole.
    • Aux temps anciens, les Sourds et les Muets ne pouvaient tester. Ulpien proclame l'incapacité du muet, du sourd, du furieux, du prodigue interdit. Le muet ne pourra pas tester, puisqu'il ne parle pas, et le sourd sera dans la même impossibilité, puisqu'il ne peut parvenir à entendre le langage de ses parents. (Edmond Falgairolle, La Condition sociale et juridique des Sourds-muets, Nancy, 1901, p. 34)
    • Tout le monde médit de moi,
      Sauf les muets, ça va de soi.
      (Georges Brassens, La Mauvaise Réputation, 1952)
  2. (Histoire) Serviteur du sultan, qui était muet ou qui ne devait jamais parler. — Note : Surtout au pluriel.
    • Les muets du Sérail.
    • Le sultan lui envoya les muets, qui l’étranglèrent.

Dérivés[modifier]

Traductions[modifier]

Prononciation[modifier]

  • France (Île-de-France) : écouter « muet [mɥɛ] »
  • France  : écouter « un muet [ɛ̃ mɥɛ] »

Voir aussi[modifier]

Références[modifier]

Anagrammes[modifier]