autorité

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Français[modifier | modifier le wikitexte]

Étymologie[modifier | modifier le wikitexte]

Emprunté au latin auctoritas.

Nom commun[modifier | modifier le wikitexte]

Singulier Pluriel
autorité autorités
/o.tɔ.ʁi.te/

autorité /o.tɔ.ʁi.te/ féminin

  1. Pouvoir ou droit de commander, d’obliger quelqu’un à quelque chose.
    • — Il n’importe. Vous ne savez pas quel est votre bien. L’autorité le sait pour vous et vous le donne à votre insu, malgré vous, c’est là son rôle.
      — Quand personne ne la réclame ?
      — L’autorité s’exerce. Elle ne défère point. Elle seule discute son droit, limite son domaine et décide son action.

      (Pierre Louÿs, Les Aventures du roi Pausole, 1901)
  2. (Absolument) Administration, gouvernement considéré principalement dans ses rapports avec les citoyens.
    • En réalité, au 1er siècle après Jésus on ne note encore sur le territoire gaulois, que la présence de quelques judéens de marque, déportés en Gaule par ordre de l’autorité romaine […]. (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
    • […] ; il y a eu, sur ces rives du Tarn, une petite patrie autonome, très florissante, très fière, à laquelle, convenons-en, l’autorité centralisatrice venue du Nord n’a point été salutaire. (Ludovic Naudeau, La France se regarde. Le problème de la natalité, 1931)
    • Peut-être parce que, depuis le XIe siècle, la seule théorie politique de l’islam a été celle de l’obéissance passive à toute autorité de facto, le gouvernement par consentement reste un concept inconnu : l’autocratie a été la véritable et, pour l’essentiel, l’unique expérience. (P. J. Vatikiotis, L’Islam et l’État, 1987, traduction de Odette Guitard, 1992, p. 38)
  3. Crédit, considération, influence sur les personnes et sur les choses.
    • Les mots sans liaison dont ces phrases étaient formées, bizarrement enchâssés dans les axiomes de sa morale et de sa politique, leur prêtèrent une autorité qu’ils n’auraient pu avoir par eux-mêmes. (Jean-Jacques Ampère, La Chine et les travaux d’Abel Rémusat, Revue des Deux Mondes, 1832, tome 8)
    • Ce principe de la philosophie cartésienne, je pense, donc je suis, est ce que les adversaires du cartésianisme ont attaqué avec le plus de persévérance ; et cela se conçoit, car ce principe admis, l’autorité de la conscience et de la raison s’ensuit nécessairement. (Jules Simon, Introduction de : « Œuvres de Descartes », édition Charpentier à Paris, 1845)
    • Malgré sa corpulence excessive, l’autorité de M. Hector sur ses subordonnés n’est guère contestable. Il la doit surtout à sa placidité étudiée, au ton solennel et ampoulé qu’il affecte en s’exprimant, à cette indémontrable apparence de bonhomie qui dérobe son intransigeance absolue, son despotisme maniaque, la secrète satisfaction d’être redouté. (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, 1958)
  4. Capacité d’expliquer et de convaincre.
    • La réputation de ce grand homme reposait principalement sur l’autorité avec laquelle il démontrait que l’éternument était une prévoyance de la nature, au moyen de laquelle les penseurs trop profonds pouvaient chasser par le nez le superflu de leurs idées ; […]. (Edgar Poe, Eureka, 1848, traduction de Charles Baudelaire, 1864)
  5. Sentiment d’un auteur, ou d’un personnage important, que l’on rapporte pour confirmer ce que l’on dit.
    • Ils étaient tous splendidement armés, et mon autorité saxonne (le manuscrit de Wardour) rapporte en détail leurs devises, leurs couleurs, et les broderies de leurs harnais.
      Il est inutile de nous étendre sur ce sujet.
      (Walter Scott, Ivanhoé, Traduction de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
    • Pour réfuter ce dernier, Scot Érigène fait appel à l’autorité des Pères, mais aussi de la raison […]. (Louis Rougier, Histoire d’une faillite philosophique: la Scolastique, 1966)
    • Le Wahhabites, en Arabie, à la fin du XVIIIe siècle, par exemple, recourant à l’autorité de certains théologiens médiévaux, lancèrent un mouvement virulent d’islam purifié […]. (P. J. Vatikiotis, L’Islam et l’État, 1987, traduction de Odette Guitard, 1992, p. 96)
  6. (Au pluriel) Les magistrats, les hauts fonctionnaires chargés d’une partie quelconque de l’administration publique.
    • Mais cette effervescence sociale n’est pas du goût des autorités de l’Empire. L’activisme de Camélinat lui vaut quelques démêlés avec la justice. (Rosa Moussaoui, Zéphyrin Camélinat (1840-1932) Un long chemin, 
de la commune au communisme, dans L’Humanité, 7 septembre 2011)

Expressions[modifier | modifier le wikitexte]

  • autorités constituées, (Politique) Les magistrats, les hauts fonctionnaires chargés d’une partie quelconque de l’administration publique.
  • coup d’autorité
  • Il veut tout emporter d’autorité, se dit d’un Homme accoutumé à parler, à agir d’une manière impérieuse.
  • Faire une chose de son autorité privée, d’autorité, de sa propre autorité, La faire sans en avoir le droit ou sans observer les formes accoutumées.
  • Jouer d’autorité, (Jeu de cartes) Jouer sans demander de nouvelles cartes.

Traductions[modifier | modifier le wikitexte]

Prononciation[modifier | modifier le wikitexte]

Voir aussi[modifier | modifier le wikitexte]

Références[modifier | modifier le wikitexte]