pédé

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[modifier] Français

Origine et histoire de « pédé » Étymologie

Apocope de pédéraste attestée depuis le XXe siècle, non admise dans la 8e édition du dictionnaire de l'Académie française. Le Trésor de la langue française cite des occurrences écrites du terme à partir de 1945, à partir de 1929 pour le mot pédale, de mêmes origine et signification.

Open book 01.svg Nom commun

Singulier Pluriel
pédé
/pe.de/
pédés
/pe.de/

pédé /pe.de/ masculin

  1. (Péjoratif ou revendicatif) Homme homosexuel.
    • Il est pédé, Michel, pas étonnant… Le mot n'était pas dans le Littré, mais Michel avait fini par savoir ce qu'il voulait dire.
      Pierre-Jean Rémy, Les enfants du parc: roman, Gallimard, 1977, p. 398
    • Sémir est trop facile à séduire, ça ne te plaira pas ! Il aime les hommes. C'est un pédé.
    • Ça tombe bien, je suis un homme. Et un pédé, aussi !
      Eyet-Chékib Djaziri, Un poisson sur la balançoire, 1997, p. 94
  2. (Péjoratif) (Figuré) Homme dont l'allure, les goûts, les affinités, les performances, la lâcheté, etc. font penser au sexe faible et, de ce fait, à l'homosexualité.
    • Ce pur chef-d'œuvre d'art plastique ferait tourner la tête à n'importe quel pédé.
      Laurent Frau, Hécatonchire, Hécatonchire, Le Manuscrit, p. 103
    • Descendez merdeux. Qu'il descende, l'enculé ! le pédé ! Qu'il vienne ici, ce sans-couilles !
      Jacques Teboul, La bagnole: scènes de la vie quotidienne, Libres-Hallier, 1980, p. 115
    • Et puis je me suis battu avec un mec de l'atelier qui me traitait de pédé parce que j'avais les cheveux longs.
      Cité par Pierre Bourdieu, dans les Actes de la recherche en sciences sociales, 1975
  3. (Familier) (Insulte) Homme méprisable, avec ou sans idée précise de préférence sexuelle.
    • Vous vouliez me tuer, sale ordure, pour me voler… m'assassiner, je le sais, pédé de merde, mais je vous tiens…
      Maurice Raphaël, Claquemur, Losfeld, 1969, p. 216
    • Je renouvelle mon geste en le traitant d'enfoiré, de pédé.
      Henry Bonnier, L'Enfant soldat, Albin Michel, 1987, p. 164
  4. (Péjoratif) (Belgique ou vieilli) Pédéraste, pédophile (Sens étymologique, maintenu par la confusion entre homosexualité et pédérastie)
    • Et un gros pédé de quarante ans qui cavale après les gamins, c'est pas déplacé peut-être ?,
      Michel Braudeau, Vaulascar, 1977, p. 86
Note
  • Le féminin pédée est inusité. On emploie généralement gouine dans le même registre de langue pour la première acception.
  • Au sens d’homosexuel, le terme peut perdre son sens péjoratif pour devenir revendicatif ; il est alors synonyme de gay.

Synonymes

(1) homosexuel → voir homosexuel

(2) homme dont l'allure, les goûts etc. penser au sexe faible → voir femme, lâche et homosexuel

(3) homme méprisable. → voir enculé

(4) pédéraste, pédophile → voir pédéraste et pédophile

(1) être homosexuel

Hyponymes

(1) Homosexuel passif

Traductions

(1) homosexuel

(2) homme dont l'allure, les goûts etc. penser au sexe faible → voir lâche et femme

(3) homme méprisable. → voir enculé

(4) pédéraste, pédophile → voir pédéraste et pédophile

Dérivés

Expressions

Nuvola apps edu languages.svg Prononciation

Open book 01.svg Adjectif

Singulier Pluriel
pédé
/pe.de/
pédés
/pe.de/

pédé /pe.ˈde/

  1. (Péjoratif) (Familier) Homosexuel.
    • Geneviève ment comme nous avons tous menti sur nos premières sorties pédées.
      Marie-Hélène Bourcier, Q comme queer: les séminaires Q du Zoo, 1998, p. 40
    • Bonne raison de quitter ta ville pour Paris où il ya des fêtes rock pédées.
    • La normalisation/banalisation des amours pédées [est] aujourd’hui de mise
      Actuality gay, sur le site Ellico
  2. Ayant trait à l'homosexualité. Art pédé, littérature pédée.
    • Dès l'introduction à l'interview, le journaliste Michel Cournot montre qu'il n'a rien compris des mots de Pasolini, et, après un étrange préliminaire où il explique l'importance des intellectuels homosexuels dans la culture française, il se lance dans des sarcasmes bien peu raffinés contre L’Évangile, le définissant comme art pédé, précisant, de toute façon, ne pas savoir si Pasolini est "de la jaquette" ou non. (Stefano Casi, "Cupo d’amore": l’homosexualité dans l’œuvre de Pier Paolo Pasolini, 1991, p. 17)