mystère

Définition, traduction, prononciation, anagramme et synonyme sur le dictionnaire libre Wiktionnaire.
Aller à : navigation, rechercher
Voir aussi : Mystère

Français[modifier]

Étymologie[modifier]

(xiie siècle) Du latin mysterium (« mystère »), lui-même du grec ancien μυστήριον, mustêrion, de μύστης, mústês (« initié »), de μυέω, muéô (« initier »), de μύω, múô (« fermer »). (xiie siècle) mistere.

Nom commun[modifier]

Singulier Pluriel
mystère mystères
/mi.stɛʁ/

mystère /mi.stɛʁ/ masculin

  1. Ce qu’une religion a de plus caché, ce qui n’est connu que des initiés.
    • Alliette est l’homme le plus heureux de la terre ; il ne parle que tarots, cartes, sortilèges, sciences égyptiennes de Thot, mystères isiaques. (Alexandre Dumas, Les Mille et Un Fantômes)
  2. (En particulier) (Religion chrétienne) Vérité de foi contenue dans la révélation et qui, sans contredire la raison, la dépasse.
    • On peut considérer que la raison, incapable d’établir la possibilité intrinsèque des mystères révélés, telles que la Trinité, l’Incarnation, l’Eucharistie, la création ex nihilo, peut néanmoins établir qu’ils ne sont pas contradictoires […] Les mystères, étant supra-rationnels, ne sauraient être démontrés ; mais, comme ils ne sont pas pour cela anti-rationnels, les arguments qui tendent à établir qu’ils sont absurdes n’ont aucune valeur probante […] (Louis Rougier, Histoire d’une faillite philosophique : la Scolastique, 1925, éd. 1966)
    • Le mystère de la Trinité, de l’Incarnation. - Les principaux mystères de la foi.
  3. (Par extension) (Figuré) Ce qu’il y a de caché, de secret dans les phénomènes de la nature et dans les sentiments de l’homme.
    • Le mystère des perturbations de l’orbite de Mercure n'a finalement été élucidé qu'avec la théorie de la relativité générale proposée par Albert Einstein au début du XXème siècle. (Barry Williams (traduit par Claude Lafleur), L’Astrologie confrontée aux progrès de l’astronomie, dans Le Québec sceptique, n°24, décembre 1992, p. 41)
    • La grande forêt des Ardennes est une des plus chargée de mystères. […]. l'hiver, lorsque la neige a cessé de tomber depuis quelques jours, lorsque l'armée des sapins noirs immobiles se détache sur le sol blanc, le voyageur solitaire doit se défendre contre un sentiment de crainte, presque d'angoisse. (Georges Blond, L'Agonie de l'Allemagne 1944-1945, Fayard, 1952, p.130)
  4. (Figuré) Ce qu’il y a de caché, de secret dans les affaires humaines.
    • Jusqu’à cette nuit, aucune lumière accusatrice ne s’était échappée de ces deux âmes ; mais entre elles et Dieu certainement il s’élevait quelque sinistre mystère. (Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, 1832)
    • C’est comme cela. Moi aussi j’ai mes mystères, tout maire que je suis ; mais venez, je vais vous montrer autre chose. (Alexandre Dumas, Les Mille et Un Fantômes)
    • Ce coin perdu de Jan-Mayen n’est pas à l’abri des cancans, des mystères, des intrigues et même des complications diplomatiques. (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
  5. Les soins, les précautions que l’on prend pour n’être pas entendu, pour n’être pas observé.
    • Je donnai même à ce mutisme un air d’imbécillité pour laisser Mauricette expliquer elle-même son mystère. (Pierre Louÿs, Trois Filles de leur mère/Chapitre 1, 1926)
    • Il m’a entretenu, avec beaucoup de mystère, de tous ses chagrins. - Ils sont sortis tous deux en grand mystère.
    • (Ironique) Pourquoi faire tant de mystère pour nous dire ce que tout le monde sait ? - Faut-il faire tant de mystère pour si peu de chose ?
  6. (Religion) Composante du rosaire.
  7. (Histoire) Nom que l’on donnait, au Moyen Âge, à certaines pièces de théâtre, d’inspiration religieuse, dont le sujet était tiré des Écritures ou de la vie des saints.
    • Ce jour-là, il devait y avoir feu de joie à la Grève, plantation de mai à la chapelle de Braque et mystère au Palais de Justice. (Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, 1831)
    • Pour la poésie dramatique en langue vulgaire, sa partie religieuse, le mystère et le miracle, se rattachait aux mystères latins antérieurs, qui eux-mêmes étaient une partie du culte, et tenaient à cet ensemble de représentations théâtrales que l’église avait empruntées originairement au paganisme. (Jean-Jacques Ampère, La Littérature française au moyen-âge, Revue des Deux Mondes, 1839, tome 19)

Expressions[modifier]

  • être tout mystère : Se dit d’un homme qui a coutume de faire le mystérieux
  • faire mystère, faire un mystère d’une chose : (Par extension) La tenir secrète, la cacher avec soin
    Il nous a fait mystère de sa naissance, de sa profession, de sa méthode. - Il fait mystère des moindres choses. - Il n’en fait pas mystère.
    On dit dans le même sens Mettre du mystère à quelque chose.
  • mystère et boule de gomme
  • saints mystères : (Religion) Sacrifice de la messe
    Célébrer les saints mystères. - Participer aux saints mystères.

Apparentés étymologiques[modifier]

Traductions[modifier]

Prononciation[modifier]

Voir aussi[modifier]

Références[modifier]