connaître
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[modifier] Français
Étymologie
- Du latin cognosco (« fréquenter, apprendre à connaître »).
Verbe
connaître /kɔ.nɛtʁ/ transitif 3e groupe (conjugaison), (orthographe traditionnelle)
- Faire ou avoir fait l’expérience permettant une représentation mentale de quelque chose ou quelqu’un, avoir l’idée, la notion d’une personne ou d’une chose.
- Je ne connais cette personne que de nom, de réputation, de vue.
- Je connais bien un tel.
- Je le connais parfaitement.
- Je connais ce pays-là.
- Le monde connu des anciens.
- Je ne connais rien de plus vil qu’une telle conduite.
- Faire connaître son opinion.
- Cet enfant ne connaît pas encore ses lettres.
- Connaître le bien et le mal.
- Il connaît son faible.
- Je ne lui connais point de défauts.
- Il connut alors que le danger devenait pressant.
- Par là vous pouvez connaître combien il est à redouter.
- Ce chien connaît bien son maître.
- Ce cheval connaît le chemin.
- La plupart des animaux connaissent les plantes qui peuvent leur être nuisibles.
- (Figuré) ,
- Ne point connaître, ne plus connaître quelqu’un, quelque chose : N’en pas faire acception, ne point le prendre en considération.
- Il veut que tous soient également soumis à la discipline et il ne connaît à cet égard ni parents ni amis.
- Quand il s’agit de ses intérêts, il ne connaît personne.
- Ne plus connaître quelqu’un : Le traiter comme un inconnu, l’oublier, le mépriser.
- Depuis qu’il est en place, il ne connaît plus ses amis, il ne connaît plus personne.
- J’estime qu’il s’est déshonoré : je ne le connais plus.
- Se faire connaître : Dire son nom, sa qualité aux gens dont on n’est pas connu.
- Comme on lui refusait l’entrée, il se fit connaître.
- L’auteur de ce livre ne veut pas se faire connaître : Ne veut pas se nommer.
- On dit en des sens analogues
- Faire connaître qui on est.
- Ne vouloir pas être connu.
- Faire ou dire quelque chose qui décèle les dispositions, les qualités bonnes ou mauvaises que l’on a.
- Caton se fit connaître de bonne heure par son amour pour la liberté.
- Il s’est fait connaître avantageusement.
- Acquérir une notoriété, une réputation.
- Il s’est fait connaître par ses écrits.
- (Vieilli) (Familier) ,
- Je ne connais que cela : Se dit en parlant d’une chose qui ne peut être éludée, ou qu’on ne doit pas balancer à faire.
- Il faut que vous obéissiez, je ne connais que cela.
- Il résiste, châtiez-le, je ne connais que cela.
- Je ne connais qu’une chose, c’est d’agir franchement, c’est d’être sévère, etc.
- Ne connaître que son devoir, que la règle, que la loi, etc. : Ne point s’écarter de son devoir, de la loi, de la règle, etc., quelles que soient les circonstances où l’on se trouve et les personnes avec lesquelles on a affaire.
- Se dit aussi en parlant des choses qu’on a étudiées, dont on a une grande pratique, un grand usage, auxquelles on s’entend bien.
- Il voudrait tout connaître.
- Connaître une langue, une science, un art.
- Il connaît les mathématiques, le grec, le latin.
- Connaître à fond une science, une affaire.
- Connaître les livres, les pierreries, les tableaux, etc.
- Je ne parle point de ce que je ne connais pas.
- Il connaît les ruses du métier, ce que l’expérience nous apprend à connaître.
- Connaître ses intérêts.
- Il n’y a rien de si connu.
- Absolument,
- Le désir de connaître : Le désir de s’instruire, de s’éclairer.
- Se dit, dans un sens analogue, en parlant des personnes.
- Je connais bien cet homme, et je peux compter sur lui.
- Je le connais pour ce qu’il est.
- Il a trompé bien du monde, on ne le connaissait pas.
- Cet homme gagne à être connu.
- Je le connais incapable de mentir.
- Je connais votre cœur.
- Vous me connaissez mal, si vous m’attribuez de telles intentions.
- Que vous connaissez peu les hommes !
- C’est un homme qui connaît bien le monde.
- Dans le même sens, mais avec une légère nuance, il se dit pour apprécier, juger.
- Le siècle qui posséda ce grand homme ne le connut pas.
- On perdit cet écrivain lorsqu’on commençait enfin à le connaître.
- C’est un homme connu.
- Il est connu par son mérite.
- Ce nom m’est connu.
- (Figuré) et (Proverbial),
- À l’œuvre on connaît l’artisan.
- Signifie en outre avoir des liaisons, des relations avec quelqu’un.
- Connaissez-vous quelqu’un de mes juges ?
- Je n’en connais pas un.
- Il connaît tout le monde.
- Je vous le ferai connaître.
- Je ne connais point cet homme-là, ni ne veux le connaître.
- Nous vous connaissons depuis longtemps.
- En termes d’Écriture sainte,
- Connaître une femme, la connaître charnellement : Avoir avec elle une relation charnelle.
- (Figuré) et (Familier),
- Il ne connaît pas sa main droite de sa main gauche : Il est incapable d’aucun discernement.
- Sentir, éprouver, tant au sens physique qu’au sens moral.
- On ne connaît point l’hiver à la Martinique.
- Vous êtes heureux de n’avoir jamais connu le mal de dents, le mal de tête.
- Il ne connaissait plus le sommeil.
- Connaître le plaisir, la peur.
- Il n’a jamais connu la haine, la jalousie, etc.
- Son cœur allait bientôt connaître l’amour.
- Il ne connaît point la crainte.
- J’ai connu l’infortune.
- Pratiquer une chose, l’admettre, s’y conformer, s’y soumettre ; dans ce sens, il se joint ordinairement avec la négation.
- En Angleterre, on ne connaît point la loi salique.
- Cet usage n’est point connu dans tel pays.
- Ce peuple ne connaît point les raffinements du luxe.
- Il ne connaît point ces vains ménagements.
- Sa rage ne connut plus de frein.
- Sa charité ne connaît point de bornes.
- On dit dans un sens analogue
- Ce cheval connaît la bride, les éperons, etc.
- Ne point connaître de supérieur, de maître : N’avoir point de supérieur, de maître, ou prétendre n’en point avoir, et ne pas vouloir obéir.
- On dit de même
- Je ne connais de maître que vous, que lui, etc.
- Je ne connais ici d’autre maître que moi, etc.
- Il ne connaît plus rien : Sa passion le domine tellement qu’aucune considération n’est capable de l’arrêter.
- Sa fureur ne connaît plus rien.
- Avoir autorité et compétence pour juger de certaines matières. En ce sens, il se construit toujours avec de ou un équivalent.
- Ce juge connaît des matières civiles et criminelles.
- Il en connaît en première instance.
- Il en connaît par appel.
- Il ne peut pas connaître de cela.
se connaître transitif pronominal
- Prendre une juste idée de soi-même, de ses forces, de sa dignité, etc.
- « Connais-toi toi-même » est une des plus belles maximes de la philosophie antique.
- Je me connais, à sa vue il me serait impossible de me contenir.
- Apprenez à mieux vous connaître.
- Ne point se connaître, ne plus se connaître : Se dit d’une personne que la passion met hors d’elle-même.
- Un homme sage et qui sait se connaître.
- Il ne se connaît plus.
- Se connaître à quelque chose, en quelque chose : Savoir en bien juger.
- Il se connaît en mérite, en poésie.
- Vous connaissez-vous à cela ?
- Je m’y connais mieux que vous.
- Il ne s’y connaît point du tout.
- En parlant des choses, être connu, être perçu d’une façon.
- (Proverbial) (Figuré), L’arbre se connaît à ses fruits : Une doctrine se juge par ses conséquences.
Variantes orthographiques
Synonymes
Antonymes
Apparentés étymologiques
Traductions
Prononciation
- France (Paris) : [kɔ.ˈnɛtʁ]
- France : écouter « connaître »
Paronymes
Anagrammes
- actionner
- cornaient → voir corner
- cotarnine
- encornait → voir encorner
- narcotine
- reconnaît → voir reconnaître
- renonçait → voir renoncer
- ronçaient → voir roncer
Références
Tout ou partie de cet article est extrait du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935) (connaître), mais l’article a pu être modifié depuis.