reconnaître
Définition, traduction, prononciation, anagramme et synonyme sur le dictionnaire libre Wiktionnaire.
Sommaire |
[modifier] Français
Étymologie
- Du latin recognoscere, faire de la particule itérative re, et de cognoscere (connaitre).
- Avant les rectifications orthographiques de 1990, ce mot s’écrivait uniquement « reconnaître ». Il peut désormais aussi s’écrire « reconnaitre ».
- On écrivait reconnoître jusqu’en 1835, reconnoistre jusqu’en 1740, et plus anciennement recognoistre en moyen français.
Verbe
reconnaître /ʁə.kɔ.nɛtʁ/ transitif 3e groupe (conjugaison)
- Retrouver dans sa mémoire l’idée, l’image d’une personne, d’une chose, quand on vient à la revoir ou à l’entendre.
- Faites venir des chevaux boulonnais dans le Midi de la France ou en Espagne à la seconde génération vous ne les reconnaîtrez plus. — (J. Déhès, Essai sur l’amélioration des races chevalines de la France, 1868)
- Ne dévisage pas ainsi... Ici, la discrétion est de règle. On ne se connaît ou l'on ne se reconnaît pas. — (Victor Méric, Les compagnons de l'Escopette, 1930, p.78)
- Un campement à la bordure d'une forêt, et éclairé par quelques bougies, donne d'étranges apparences ; je crus voir une falaise et des cavernes ; je revis ce lieu plus d'une fois ; jamais je n'y pus reconnaître ma première impression ; […]. — (Alain, Souvenirs de guerre, p.16, Hartmann, 1937)
- Que chacun reconnaisse ses effets, ses livres, etc.
- Je n’ai été qu’une fois chez lui, mais je reconnaîtrai le chemin, la maison.
- Connaître, distinguer, à quelque signe, à quelque caractère, d’après quelque indication, une personne ou une chose qu’on n’a jamais vue.
- Étonnez-vous donc, après tout ça, que les Évêques aient chanté le Te Deum pour Napoléon III ; l'homme couvert de sang ne leur déplait pas ; c'est peut-être même à cela qu'ils reconnaissent le favori de Dieu. — (Émile Thirion, La Politique au village, p. 132, Fischbacher, 1896)
- Je l’ai reconnu au portrait que vous m’en aviez fait.
- On le reconnut à une balafre qu’il avait au front.
- Il a reconnu cette plante à divers signes, à divers caractères.
- (Figuré) — Je reconnais cet homme à ses perfidies.
- (Figuré) — On reconnaît un écrivain à son style.
- Parvenir à connaître, à apercevoir, à découvrir la vérité de quelque chose.
- On a reconnu son innocence. — On a reconnu sa trahison, sa perfidie.
- Admettre une chose comme vraie, comme incontestable.
- Après Prévost, il faudra attendre près de 50 ans encore et traverser les terribles famines d’Irlande pour que l'on reconnaisse enfin de façon irréfutable que les champignons vivants peuvent être la cause de maladies chez les végétaux. — (Jean Semal, Pathologie des végétaux et géopolitique, 1982)
- (Avec la négation) Ne plus avoir égard, ne plus écouter.
- Il ne reconnaît ni parents ni amis.
- Il ne reconnaît d’autre loi que sa volonté, d’autre maître que lui-même.
- Avouer, confesser, déclarer.
- Il a reconnu sa faute, son tort. — Il a reconnu la dette.
- Il ne veut pas reconnaître qu’il a eu tort.
- (Absolument) Reconnaître pour chef.
- Après plusieurs années de guerre civile, toute la France reconnut Henri IV.
- (Politique) Admettre parmi les puissances constituées et entrer en rapport, en parlant d'un gouvernement, d'un pays.
- Son gouvernement avait été reconnu par les puissances étrangères.
- Avouer que l'on en est l'auteur.
- Reconnaître sa signature. — Reconnaître une lettre, une écriture, une promesse, un billet.
- (Spécialement) Déclarer, dans les formes authentiques, qu’on est le géniteur.
- Reconnaître un enfant.
- Considérer, observer, remarquer.
- Vers ces temps Douaumont fut repris ; cela fit que l'ennemi n'eut plus de vues sur les pentes du fort de Marre à notre droite ; et le capitaine eut à reconnaître les positions de batterie possibles en cette région ; […]. — (Alain, Souvenirs de guerre, p.204, Hartmann, 1937)
- Reconnaître les lieux. — Reconnaître les dispositions de quelqu’un.
- Reconnaître l’ennemi, un pays, une place qu’on veut attaquer.
- (Militaire) S'assurer du danger.
- On envoya de la cavalerie reconnaître les passages, les chemins, les défilés.
- Le caporal sortit du poste pour reconnaître la patrouille.
- (Marine) Découvrir, apercevoir, observer la situation.
- Reconnaître un bâtiment. — Reconnaître une terre.
- Explorer des contrées, des eaux inconnues.
- Il reconnut ce fleuve jusqu’à une grande distance de son embouchure.
- Avoir de la gratitude.
- Reconnaître les bienfaits qu’on a reçus, les bons procédés dont on a été l’objet.
- Je reconnaîtrai tout ce que vous avez fait pour moi.
- (Par extension) Récompenser.
- Il a fort mal reconnu les bons offices qu’on lui a rendus.
se reconnaître /sə.ʁə.kɔ.nɛtʁ/ pronominal
- Trouver son image, sa ressemblance dans un miroir, dans un portrait.
- On se reconnaît difficilement soi-même dans un portrait.
- À la fin de sa maladie, il se regarda dans un miroir et il eut de la peine à se reconnaître.
- (Figuré) Retrouver ses sentiments, sa manière d’être dans un autre.
- Il se reconnaît dans son fils.
- Je me reconnais dans tout ce qu’il dit, dans tout ce qu’il fait.
- Se remettre dans l’esprit l’idée d’un lieu, d’un pays qu’on a quitté et où l’on se retrouve.
- Je me reconnais dans cet endroit.
- Il y avait longtemps que je n’avais passé par cette ville; mais je commence à me reconnaître.
- (Figuré) Ce manuscrit est si plein de ratures que je ne puis plus m’y reconnaître.
- Reprendre ses sens ; penser à ce qu’on doit faire, y faire réflexion.
- Ce fut, on pense, un tohu-bohu auquel l'excitation des musiciens se joignit si heureusement que l'on ne se reconnut plus. — (Francis Carco, Images cachées, 1929)
- Il est mort sans avoir eu un instant pour se reconnaître.
Variantes orthographiques
Expressions
Traductions
- → voir reconnaitre
Prononciation
→ Prononciation manquante. (Ajouter)
- France : écouter « reconnaître [ʁə.kɔ.nɛtʁ] »