reconnaître

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Voir aussi Voir aussi : reconnaitre

Français[modifier | modifier le wikicode]

Étymologie[modifier | modifier le wikicode]

(Date à préciser) Du latin recognoscere, faire de la particule itérative re, et de cognoscere (connaitre).
Avant les rectifications orthographiques de 1990, ce mot s’écrivait uniquement « reconnaître ». Il peut désormais aussi s’écrire « reconnaitre ».
On écrivait reconnoître jusqu’en 1835, reconnoistre jusqu’en 1740, et plus anciennement recognoistre en moyen français.

Verbe[modifier | modifier le wikicode]

reconnaître /ʁə.kɔ.nɛtʁ/ transitif 3e groupe (conjugaison)

  1. Retrouver dans sa mémoire l’idée, l’image d’une personne, d’une chose, quand on vient à la revoir ou à l’entendre.
    • Faites venir des chevaux boulonnais dans le Midi de la France ou en Espagne à la seconde génération vous ne les reconnaîtrez plus. (J. Déhès, Essai sur l’amélioration des races chevalines de la France, 1868)
    • Venez donc et sans perdre un instant ! dit alors au milieu de l’obscurité une voix qui fit tressaillir le duc, car il la reconnut pour celle de Marguerite. (Alexandre Dumas , La Reine Margot, C. Lévy, 1886)
    • Ne dévisage pas ainsi... Ici, la discrétion est de règle. On ne se connaît ou l'on ne se reconnaît pas. (Victor Méric, Les compagnons de l'Escopette, 1930, p.78)
    • Un campement à la bordure d'une forêt, et éclairé par quelques bougies, donne d'étranges apparences ; je crus voir une falaise et des cavernes ; je revis ce lieu plus d'une fois ; jamais je n'y pus reconnaître ma première impression ; […]. (Alain, Souvenirs de guerre, p.16, Hartmann, 1937)
  2. Connaître, distinguer ou identifier, à quelque signe ou à quelque caractère, d’après quelque indication, une personne ou une chose qu’on n’a jamais vue.
    • De Mouy descendit de cheval, jeta la bride aux mains de son laquais, s’achemina vers le guichet, se fit reconnaître de la sentinelle, introduisit La Mole dans le château, […]. (Alexandre Dumas , La Reine Margot, C. Lévy, 1886)
    • Étonnez-vous donc, après tout ça, que les Évêques aient chanté le Te Deum pour Napoléon III ; l'homme couvert de sang ne leur déplait pas ; c'est peut-être même à cela qu'ils reconnaissent le favori de Dieu. (Émile Thirion, La Politique au village, p. 132, Fischbacher, 1896)
    • Terroir de clos honorés jusque sur les tables royales, l’Orléanais se vantait de posséder sa propre « façon de barillerie » qu'on pouvait reconnaître de Jargeau à Beaugency. (Gérard Boutet, La belle ouvrage, Éditions de Borée, 2003, p.151)
  3. Parvenir à connaître, à apercevoir, à découvrir la vérité de quelque chose.
    • On a reconnu son innocence. — On a reconnu sa trahison, sa perfidie.
  4. Admettre une chose comme vraie, comme incontestable.
    • Cependant je reconnais qu’il n’est pas utile d’augmenter le nombre des homophonies, que mieux vaudrait le diminuer […]. (Émile Faguet, Simplification simple de l’orthographe, 1905)
    • Après Prévost, il faudra attendre près de 50 ans encore et traverser les terribles famines d’Irlande pour que l'on reconnaisse enfin de façon irréfutable que les champignons vivants peuvent être la cause de maladies chez les végétaux. (Jean Semal, Pathologie des végétaux et géopolitique, 1982)
    • Lorsque la constitution française reconnaissait un ordre de noblesse privilégiée, la femme noble qui épousait un roturier dérogeait à la noblesse et devenait roturière. (L'Institut : Journal des académies et sociétés scientifiques de la France & de l’Étranger, 2e section, 5e année, janvier-février 1840, n°49-50, p.6)
  5. (Avec la négation) Ne plus avoir égard, ne plus écouter.
    • Il ne reconnaît ni parents ni amis.
    • Il ne reconnaît d’autre loi que sa volonté, d’autre maître que lui-même.
  6. Avouer, confesser, déclarer.
    • Il a reconnu sa faute, son tort. — Il a reconnu la dette.
    • Il ne veut pas reconnaître qu’il a eu tort.
  7. (Absolument) Reconnaître pour chef.
    • Après plusieurs années de guerre civile, toute la France reconnut Henri IV.
  8. (Politique) Admettre parmi les puissances constituées et entrer en rapport, en parlant d'un gouvernement, d'un pays.
    • Son gouvernement avait été reconnu par les puissances étrangères.
  9. Avouer que l'on en est l'auteur.
    • Reconnaître sa signature. — Reconnaître une lettre, une écriture, une promesse, un billet.
  10. (Spécialement) Déclarer, dans les formes authentiques, qu’on est le géniteur.
    • Reconnaître un enfant.
    • Mais tout de même... deux gosses! Et si le ténor y en collait un troisième? Hein? Avez-vous pensé à ça? C'est le monsieur des Finances qui le reconnaîtrait... (Jo Barnais, Mort aux ténors, Série noire, Gallimard, 1956. Ch. XIX, p. 171)
  11. Considérer ; observer ; remarquer.
    • Vers ces temps Douaumont fut repris ; cela fit que l'ennemi n'eut plus de vues sur les pentes du fort de Marre à notre droite ; et le capitaine eut à recon­naître les positions de batterie possibles en cette région ; […]. (Alain, Souvenirs de guerre, p.204, Hartmann, 1937)
    • Un problème d’incontinence peut ne pas être reconnu étant donné la répugnance de la personne à parler de quelque chose d'aussi privé et d'aussi intime que la fonction urinaire. (Patricia Gauntlett Beare & Mickey Stanley, Soins infirmiers en gériatrie: Vieillissement normal et pathologique, traduit par Françoise Hallet, De Boeck, 2005, p.224)
  12. (Militaire) S'assurer du danger.
    • On envoya de la cavalerie reconnaître les passages, les chemins, les défilés.
    • Le caporal sortit du poste pour reconnaître la patrouille.
  13. (Marine) Découvrir, apercevoir, observer la situation.
    • Reconnaître un bâtiment. — Reconnaître une terre.
  14. Explorer des contrées, des eaux inconnues.
    • Il reconnut ce fleuve jusqu’à une grande distance de son embouchure.
  15. Avoir de la gratitude.
    • Reconnaître les bienfaits qu’on a reçus, les bons procédés dont on a été l’objet.
    • Je reconnaîtrai tout ce que vous avez fait pour moi.
  16. (Par extension) Récompenser.
    • Il a fort mal reconnu les bons offices qu’on lui a rendus.

se reconnaître /sə.ʁə.kɔ.nɛtʁ/ pronominal

  1. Trouver son image, sa ressemblance dans un miroir, dans un portrait.
    • On se reconnaît difficilement soi-même dans un portrait.
    • À la fin de sa maladie, il se regarda dans un miroir et il eut de la peine à se reconnaître.
  2. (Figuré) Retrouver ses sentiments, sa manière d’être dans un autre.
    • Il se reconnaît dans son fils.
    • Je me reconnais dans tout ce qu’il dit, dans tout ce qu’il fait.
  3. Se remettre dans l’esprit l’idée d’un lieu, d’un pays qu’on a quitté et où l’on se retrouve.
    • Je me reconnais dans cet endroit.
    • Il y avait longtemps que je n’avais passé par cette ville; mais je commence à me reconnaître.
    • (Figuré) Ce manuscrit est si plein de ratures que je ne puis plus m’y reconnaître.
  4. Reprendre ses sens ; penser à ce qu’on doit faire, y faire réflexion.
    • Ce fut, on pense, un tohu-bohu auquel l'excitation des musiciens se joignit si heureusement que l'on ne se reconnut plus. (Francis Carco, Images cachées, 1929)
    • Il est mort sans avoir eu un instant pour se reconnaître.

Variantes orthographiques[modifier | modifier le wikicode]

Expressions[modifier | modifier le wikicode]

Traductions[modifier | modifier le wikicode]

Pronominal :

Traductions à trier[modifier | modifier le wikicode]

Prononciation[modifier | modifier le wikicode]

Références[modifier | modifier le wikicode]