souffler

Définition, traduction, prononciation, anagramme et synonyme sur le dictionnaire libre Wiktionnaire.
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Français[modifier]

Étymologie[modifier]

(XIIIe siècle) Du latin sufflare, de flare, « souffler ». (1120) sofler.

Verbe[modifier]

souffler \su.fle\ intransitif ou transitif 1er groupe (conjugaison)

  1. Pousser l’air hors de la bouche.
    • C’est comme pour appeauter un tétras, rien de plus simple. Tu tends une feuille de chiendent entre tes deux pouces et tu souffles dans l’intervalle. Tu vois arriver le coq, la crête droite, écarlate et le collet ébouriffé. (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
    • En arrivant à Normée le berger souffle dans sa corne pour annoncer son retour. Les chiens aboient. (Mariel J.- Brunhes Delamarre, Le berger dans la France des villages, Éditions du CNRS, 1970, p.164)
    • (Figuré)Mais le diable a soufflé là-dessus, de son haleine fiévreuse et empestée, et les pires billevesées ont pris leur vol. L’homme a inventé les dieux et il a créé l’amour avec son cortège de sensibleries ridicules ou criminelles. (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, p. 118)
  2. Reprendre son haleine ; respirer avec effort.
    • Laissez-moi souffler.
    • Prendre le temps de souffler un peu.
  3. Arrêter pour reprendre haleine.
    • Parfois les rênes s'échappent de nos doigts engourdis, et nos montures aveuglées, tournant le dos à la tempête, refusent d'avancer. Nous les laissons souffler un instant, puis reprenons notre course muette et aveugle. (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, p. 36)
    • Dieu consent enfin à interrompre la tâche pénitente de ses maux ; Il lui accorde de souffler et le Démon profite de cette accalmie pour entrer en scène. (Joris-Karl Huysmans, La Cathédrale, Plon-Nourrit, 1915)
  4. (Figuré) (Familier) Parler, par ellipse de « souffler mot ».
    • N’oser souffler, ne pas souffler : Ne pas oser ouvrir la bouche pour faire des plaintes, des remontrances.
  5. Pousser, agiter l’air.
    • Toute la journée, un vent aigre a soufflé de l’Ouest ; le ciel est resté bas et triste, et j’ai vu passer des vols de corbeaux… (Octave Mirbeau, Lettres de ma chaumière : La Tête coupée, A. Laurent, 1886)
    • Il ventait dur, sans que l’atmosphère en fût rafraichie, car le vent soufflait du sud. (Charles Le Goffic, ’'Bourguignottes et pompons rouges, 1916, p. 112)
    • Le très expérimenté explorateur revint dans avoir atteint son but ; il nous raconta qu’un terrible « blizzard » soufflait dans le Sund et que les glaces étaient dangereusement en mouvement. (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
    • […] et dans la mer des Antilles je faisais une bonne moyenne de marche poussé par les alizés qui soufflaient frais et réguliers du Nord-Est. (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil ; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
    • Ce soufflet est percé, il ne souffle plus.
    • L’esprit souffle où il veut : (Figuré) (Théologie) Dieu communique ses grâces à qui il lui plaît. Cette phrase signifie, par extension, dans le langage courant : L’inspiration vient sans qu’on sache d’où, ni comment ; le génie a ses voies qui n’appartiennent qu’à lui.
  6. Grossir, enfler quelque chose en soufflant.
  7. Envoyer de l’air sur quelque chose, dans quelque chose.
    • Lors des vents de tempête, le reg graveleux est soufflé par le vent qui édifie ainsi ces rides de quelques centimètres de hauteur ; […]. (Nicole Petit-Maire, Jean Riser & L. Blanc-Vernet, Sahara ou Sahel?: quaternaire récent du bassin de Taoudenni (Mali), Centre national de la recherche scientifique, 1983, p.99)
    • Souffler le feu : Y envoyer de l’air pour l’activer.
    • Souffler une bougie : Souffler sur la flamme d’une bougie pour l’éteindre.
    • Souffler l’orgue : Envoyer de l’air dans les tuyaux d’un orgue par le moyen de la soufflerie.
    • Souffler le verre, l’émail : Façonner quelque ouvrage de verre, d’émail, en soufflant dans un tube de fer à l’extrémité duquel est la matière que l’on travaille.
  8. (Figuré) Faire naître, exciter.
    • Souffler la discorde, le feu de la discorde.
    • Souffler la haine, la division, la révolte.
  9. (Figuré) Dire à quelqu’un sa leçon, son rôle, lire bas à quelqu’un, de façon à n’être entendu que de lui, les endroits de sa leçon, de son rôle où la mémoire lui manque.
    • Souffler un acteur.
    • Il a été puni pour avoir soufflé la leçon à son camarade.
  10. (Jeu de dames) Ôter un pion à celui contre qui l’on joue, parce qu’il ne s’en est pas servi pour prendre un autre pion qui était en prise. Un joueur dit dans le même sens à son adversaire :
  11. (Figuré) Enlever, prendre, voler.
    • Souffler une maîtresse à son ami, c’est une rouerie trop commune pour moi. (Alfred de Musset, Les Caprices de Marianne, acte II, scène 17, 1833)
  12. (Figuré) Dire, et spécialement dire dans un souffle.
    • Oui, souffla-t-il. (Blandine Boisset, Vincent Herrouin, Amélie Tupenot, Le Doigt sanglant, in Nouvelles policières, éditions Balthazar, avril 2003)
    • Il n’en soufflera rien, je vous le garantis.
  13. (Familier) Causer une grande surprise, provoquer l'étonnement.
    • En compétition hier à Cannes, "The Last face" a été sifflé et a soufflé tous les journalistes présents à la projection pour la presse. (Rires et sifflets pour Sean Penn, Vosges Matin, 21 mai 2016)

Synonymes[modifier]

Dérivés[modifier]

Apparentés étymologiques[modifier]

Traductions[modifier]

Prononciation[modifier]

  • France  : écouter « souffler [su.fle] »

Références[modifier]