arracher

Définition, traduction, prononciation, anagramme et synonyme sur le dictionnaire libre Wiktionnaire.
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Français[modifier]

Étymologie[modifier]

De l’ancien français arrachier, altération de esrachier, issu du latin exrādīcāre « déraciner », variante de ērādīcāre, dérivé de rādīx, rādīcis « racine ». En ancien français, les préfixes a- et es- étaient souvent interchangeables.

Verbe [modifier]

arracher \a.ʁa.ʃe\ transitif 1er groupe (conjugaison) (pronominal : s’arracher)

  1. Détacher avec effort ; ôter de force.
    • On commence d'abord par nettoyer le sol en arrachant les ronces, les épines, les bruyères, etc., puis on procède à l'abatage du taillis. — (Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l'industrie dans le département des Ardennes, Charleville : E. Jolly, 1869, p.162)
    • Alors, je commençai à torturer le colporteur. Je lui arrachai, un par un, tous les ongles des mains et tous les ongles des pieds... — (Octave Mirbeau, Le colporteur,)
    • A de grandes altitudes planaient les frégates et les phaétons, qui tombaient souvent avec une rapidité vertigineuse pour arracher en l’air leur proie aux oiseaux de mer plongeurs. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
    • L’élevage des vers à soie « ne paie plus ». Voilà pourquoi, aujourd’hui, dans le Gard, on arrache les mûriers : on les remplace imprudemment par des vignes.... — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : Le problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
    • Brusquement, je sentis comme la morsure sauvage d’une bête qui m’aurait arraché la chair par saccades. […]. Ja..... m’avait branché la pince au sexe. — (Henri Alleg, La Question, 1957)
    • (Pronominal)S’arracher les cheveux.
    • Une bourrasque lui arrache presque son parapluie.
  2. (Agriculture) Détacher ou enlever une récolte du sol.
    • Il n'y avait plus qu'a faucher le blé noir, arracher les pommes de terre et gauler noix et châtaignes ; de ceci les gamins se chargeaient le jeudi et le dimanche, pour se distraire. — (Henri Bachelin, Le Village, Marivole Éditions, 2013, chap. 3)
  3. (Figuré) En parlant d’un avare de qui on a tiré de l’argent.
    • Je lui ai arraché une dent.
  4. (Figuré) Marque l’extrême répugnance d’une personne à faire quelque chose et combien il serait difficile de l’y contraindre.
    • Vous lui arracheriez plutôt la vie.
    • Ce serait lui arracher l’âme.
  5. (Figuré) Détacher quelqu’un d’une opinion, l’y faire renoncer.
    • Arracher une opinion de l’esprit, de la tête de quelqu’un.
    • Arracher de son cœur un sentiment, une passion, un souvenir, etc.
  6. (Figuré) Obtenir avec peine quelque chose de quelqu’un.
    • Il ne rend pas facilement l’argent qu’on lui a prêté, il faut le lui arracher.
    • Il n’y a pas moyen d’arracher une parole de lui.
    • Il m’a arraché mon secret, mon consentement à force d’importunité.
    • Il a fallu vous arracher cette louange.
  7. (Figuré) Causer une réaction physique ou émotionnelle intense (usage idiomatique)
    • Arracher des larmes, des cris, des soupirs, des plaintes à quelqu’un.
    • Ce récit m’arracha des larmes.
  8. (Sens propre) ou (Figuré) Détourner, écarter, éloigner avec effort, en parlant des personnes.
    • Un monsieur, courant, une serviette sous le bras, le heurta sans ménagements et l'arracha à son hébétude. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, p. 21)
    • Il a fallu l’arracher de ce lieu, de dessus le corps de son fils. — On ne saurait l’arracher à l’étude, l’arracher du jeu.
    • Il ne peut pas s’arracher à cette ville. (Pronominal)
  9. (Figuré) Préserver ; soustraire à un danger
    • Arracher quelqu’un à la misère, à la mort, etc.
  10. (Pronominal) (Par hyperbole) Se disputer à qui l’aura, en parlant d’une personne ou d’une chose qui est extrêmement recherchée.
    • Ce roman a le plus grand succès, on se l’arrache.
    • Il pensait que ça allait le lancer... Il n'avait pas tort. C'est de là qu'il en est sorti définitivement et qu'on se l'est arraché de tous les côtés. — (Jo Barnais [Georges Auguste Charles Guibourg, dit Georgius], Mort aux ténors, ch. XI, Série noire, Gallimard, 1956, p. 100)

Synonymes[modifier]

Antonymes[modifier]


Dérivés[modifier]

Proverbes et phrases toutes faites[modifier]

Traductions[modifier]

Traductions à trier[modifier]

Prononciation[modifier]

Références[modifier]