emporter

Définition, traduction, prononciation, anagramme et synonyme sur le dictionnaire libre Wiktionnaire.
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Français[modifier]

Étymologie[modifier]

(Vers 1280 avec cette orthographe) Mot dérivé de porter avec le préfixe en-. (Vers 980) enportet (« emporta »).

Verbe [modifier]

emporter \ɑ̃.pɔʁ.te\ transitif 1er groupe (conjugaison) (pronominal : s’emporter)

  1. Porter hors d’un lieu.
    • Une cage à serins était pendue au plafond ; les oiseaux avaient été emportés, mais la mangeoire était pleine de chenevis. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
    • La viticulture auvergnate fut à son apogée vers le milieu du XIXe siècle […] Les bateaux qui descendaient l’Allier emportaient des vins d’Auvergne jusqu’à Paris. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : Le problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
    • La proie qu’un aigle emporte dans son aire.
    • Emportez ce livre, vous le lirez à loisir.
    • Je n’emporterai de ces lieux qu’un souvenir agréable.
    • Le secret qu’il emporte avec lui dans la tombe.
  2. Entraîner, arracher, enlever ou emmener avec effort, avec rapidité ou avec violence.
    • Il y a le nageur intrépide qui, sourd aux appels du maître baigneur, dépasse les limites du bain surveillé, gagne la pleine mer et est emporté par une lame de fond. — (Franc-Nohain [Maurice Étienne Legrand], Guide du bon sens, Éditions des Portiques, 1932)
    • Son cheval prit le mors aux dents et l’emporta à travers les champs.
    • Il eut le bras emporté par un obus.
  3. (Figuré) Causer la mort rapidement, en parlant d’une maladie.
    • Le choléra emporte les gens en peu de jours.
  4. Détruire ; faire disparaître.
    • Il ne retira de sa créance qu’un millier de francs, les frais emportèrent le reste.
    • Le jus de citron emporte les taches d’encre, emporte la couleur des étoffes sur lesquelles il tombe.
  5. (En particulier) (Médecine) Guérir.
    • Ce remède emporte la fièvre.
  6. (Figuré) Tirer l’âme de sa situation ordinaire, jeter dans quelque excès, en parlant des passions.
    • Lui non plus n’aurait pas voulu choquer Jim par son manque de délicatesse, mais sa nature brutale subitement l’emportait. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
    • La colère l’emporta bien loin.
    • Se laisser emporter à sa vengeance.
    • La douleur l’a emporté jusqu’à dire, jusqu’à faire…
    • La jeunesse se laisse emporter aux plaisirs.
  7. (Figuré) Gagner ; obtenir.
    • Il emporta l’avantage sur tous ses rivaux.
    • Dans son art il emporte le prix.
    • Il emporta la gloire d’avoir triomphé de l’ennemi.
  8. (Spécialement) Obtenir par une sorte de violence.
    • Cet homme a tant de crédit qu’il emporte tout ce qu’il veut.
    • Il emporta cette affaire à force de sollicitations.
  9. (Militaire) Conquérir, se rendre maître, en peu de temps.
    • La veille même du combat de Zouafques, le prince Thomas avait emporté plusieurs redoutes à la faveur desquelles il rétablit aussitôt ses communications avec les assiégés […] — (Mémoires authentiques du duc de La Force, maréchal de France, et de ses deux fils, vol. 1, Paris, 1843, p. C)
  10. Entraîner par une suite nécessaire ; comprendre ; impliquer.
    • Le droit de justice des seigneurs hauts justiciers était absolu. Il emportait la plénitude de la juridiction civile et criminelle, limitée seulement par les cas royaux. — (Alfred Franklin, La Vie privée d’autrefois - La vie de Paris sous Louis XV devant les tribunaux, Plon, Paris, 1899, p. 9)
  11. (Pronominal) Se livrer à un excès d’orgueil, d’audace, et en général à un sentiment immodéré.
    • Quand bien même seraient-ils cinq mille ! s'emporta le lieutenant qui, décidément, me surprenait par la hargne qu'il démontrait. On n'a point éprouvé deux jours d’emmouscaillement dans cette forêt du diable pour s'en retourner quinauds. — (Camille Bouchard, Un massacre magnifique, Éditions Hurtubise, 2010, p. 236)
  12. (Pronominal) (Absolument) Se fâcher violemment, s’abandonner à la colère.
    • S’emporter contre quelqu’un. — Il s’emporte pour peu qu’on le contredise.
  13. (Pronominal) Ne pouvoir être retenu par celui qui le monte ou qui le conduit, en parlant d’un cheval.

Synonymes[modifier]

Antonymes[modifier]

Dérivés[modifier]

Proverbes et phrases toutes faites[modifier]

Traductions[modifier]

Prononciation[modifier]

Références[modifier]

Anagrammes[modifier]