mourir

Définition, traduction, prononciation, anagramme et synonyme sur le dictionnaire libre Wiktionnaire.
Aller à : navigation, rechercher

Français[modifier]

Étymologie[modifier]

Du latin populaire *mŏrīre, en latin classique mori.

Verbe [modifier]

mourir \mu.ʁiʁ\ intransitif 3e groupe (conjugaison) (pronominal : se mourir)

  1. Cesser de vivre ; devenir mort.
    • Ce qui est certain, c'est qu'en Extrême-Orient on meurt beaucoup plus par la fièvre typhoïde que par le choléra. — (Jules Guiart, Les Parasites inoculateurs de maladies, Paris : Flammarion, 1918, p.297)
    • À leur âge, dans notre pays, les grand’mères se préparent à mourir pieusement et les jeunes filles ne pensent qu'au flirt. — (Xavier de Hauteclocque, La tragédie brune, Nouvelle Revue Critique, 1934, p.59)
    • Celui-ci se rendit, vers 1121, en Palestine, avec d’autres rabbins et il mourut en cours de route. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
    • Elle allait mourir dans des souffrances atroces, sans que rien pût la soulager. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
    • Je ne mourrai pas ! je ne mourrai pas ! dit-elle à moitié folle de joie et en se pendant à mon cou : je pourrai t’aimer encore longtemps. Ma vie est dans la tienne, et tout ce qui est moi vient de toi. — (Théophile Gautier, La morte amoureuse, 1836)
    • Disposant de peu d’énergie, les plantes du sous-bois ne peuvent produire que de très petites graines et ces dernières, lorsqu’elles germent, mourraient si elles se laissaient enfouir sous la litière; (...) — (Luc Jacquet et Francis Hallé, Il était une forêt, Actes Sud, 2014, p.38)
  2. (Par hyperbole) Subir des tourments ; être tourmenté.
    • Dites donc, vous autres, – les apostropha-t-il, […], – je meurs de fatigue, et je ne me tiens plus sur les jambes d’avoir été si longtemps en selle. Impossible de vous accorder une seule seconde d’entretien, je suis fourbu, esquinté. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, p. 31 de l’éd. de 1921)
    • C'est à mourir de rire comme c'est écrit là, mais moi, je ne meurs pas de rire, je meurs de honte et engueule cet âne de gros émile laconique… […]. — (Louis Paul Boon, La Route de la chapelle, traduit par Marie Hooghe, L’Âge d'Homme, 1999, p.380)
    • Mornet replia le journal. Il allait mal et nul ne songeait à le questionner, alors qu'il en mourrait d'envie. — (Pierre Saha, Le porteur de mauvaises nouvelles: Liancourt, avril 1972, une tragédie ordinaire, Éditions Ravet-Anceau, 2017)
  3. (Par analogie) Finir, disparaitre, en parlant des états, des institutions, des établissements, des choses morales, des productions de l’esprit, des ouvrages de l’art.
    • Au milieu de leurs anathèmes et de leurs malédictions, ils poussaient ce cri, répercuté d'un bout de la France à l'autre : « Le petit commerce meurt!... Le petit commerce ne veut pas mourir ! » L'ombre de Bossuet en frémissait peut-être. — (Gilles Normand, La guerre, le commerce français et les consommateurs, Perrin, 1917, p.7)
    • Au manifeste du journal Le Décadent, […], fait écho un éditorial de La Croix : « La religion est persécutée, la noblesse est anéantie, la magistrature a perdu son indépendance et son caractère, l'armée est vaincue et humiliée, l'industrie meurt, l'agriculture est ruinée. — (Laurent Mucchielli, La découverte du social: Naissance de la sociologie en France, La Découverte, 2010, p.101)
  4. (Figuré) Finir peu à peu en parlant de certaines choses, de l’activité, du mouvement ou de choses qui finissent par une dégradation insensible, comme les sons, les couleurs, etc.
    • Vers l’est mouraient en pentes douces les versants de ces hauteurs qui composaient le plateau de Lattakou. — (Jules Verne, Aventures de trois Russes et de trois Anglais - 1872)
    • L’embarquement et le débarquement s'opèrent à l'aide de barcasses d'un faible tirant d’eau, pouvant pénétrer dans une petite anse où les vagues viennent mourir au pied même des murs de la ville. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, p. 21)
  5. (Pronominal) Être sur le point de mourirNote : Surtout au présent et à l’imparfait de l’indicatif.
    • Mais mon père se meurt ! mon père se meurt ! s'écria le Dauphin.
      - Hâtez-vous, André, dit Ambroise : le roi est bien mal !
      - Le roi a encore trois ou quatre jours à vivre, ne craignez rien, répondit Vésale.
      — (Alexandre Dumas, La Royale Maison de Savoie : Emmanuel-Philibert, 1852)
    • (Figuré) La soie artificielle, à Anduze ! Ainsi, c’est donc bien vrai, l’un des fleurons de notre France ancienne est en train de s’effriter : la magnanerie se meurt! — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : Le problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)

Synonymes[modifier]

Hyponymes[modifier]

Antonymes[modifier]

Dérivés[modifier]

Apparentés étymologiques[modifier]

→ voir mort

Traductions[modifier]

Nom commun [modifier]

mourir masculin singulier

  1. (Philosophie) Expérience de la mort.
    • Un philosophe est celui [...] qui apprend tout sa vie à vivre, non pas dans le but de savoir mourir, [...] mais pour continuer l'apprentissage de la vie jusque dans le mourir. — (Pierre Bertrand, Éloge de la fragilité, éditions Liber, Montréal, 2000, p. 136)

Prononciation[modifier]

Paronymes[modifier]

Anagrammes[modifier]

Références[modifier]