méchant

Définition, traduction, prononciation, anagramme et synonyme sur le dictionnaire libre Wiktionnaire.
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Français[modifier]

Étymologie[modifier]

De l’ancien français mescheant (« mal tombant »), qui signifiait d’abord « malchanceux » ; le sens moderne de « qui a un penchant à faire du mal » est attesté dès le XIVe siècle. (XIIe siècle) mescheant. → voir mescheoir « tomber mal ». Depuis, le participe présent cheant/chéant du verbe choir a disparu.

Adjectif[modifier]

Singulier Pluriel
Masculin méchant
\me.ʃɑ̃\
méchants
\me.ʃɑ̃\
Féminin méchante
\me.ʃɑ̃t\
méchantes
\me.ʃɑ̃t\

méchant \me.ʃɑ̃\

  1. Mauvais, antonyme : bon.
    • De méchante humeur, de mauvaise humeur.
    • Après le souper elle joua au quinze, elle perdit de mauvaise grâce, paya de plus mauvaise grâce encore, & se coucha de fort méchante humeur. (Pierre-François Godard de Beauchamps, Funestine, dans Le Cabinet des fées, ou collection choisie des contes des fées, et autres contes merveilleux, vol. 31, Barde, Manget & Cie / Cuchet, Genève / Paris, 1786, p. 35)
    • Ce jour-là, l’ancien garde-du-corps semblait moins disposé que jamais à lier conversation avec son perruquier. Il s’était réveillé de fort méchante humeur ; sa maigre figure était rigide, ses yeux gris restaient fixés droit devant eux, ses sourcils avaient l’air de deux accents circonflexes, et son nez d’aigle était plus pincé que d’habitude. (André Theuriet, Le Mariage de Gérard, 1875)
    • Il a une méchante mine, il a mauvaise mine.
    • (Québec) Sentir méchant : Sentir mauvais.
    1. (En parlant de choses) Qui ne vaut rien dans son genre, qui est maigre ou insuffisant, de mauvaise qualité ou dans un état déplorable, minable, miteux. Note : Dans cette acception, il précède toujours le nom.
      • Et le petit appartement de l’abbé, tendu d’un méchant papier neuf et carrelé de rouge, fleurait la tombe. (Joris-Karl Huysmans, La Cathédrale, Plon-Nourrit, 1915)
      • Le voyageur qui s’embarque sur le méchant petit bateau qui fait trois fois par semaine le service entre Algésiras et Tanger, jouit à mesure que tourne l’hélice d’un spectacle véritablement beau. (Wladimir d’Ormesson, La Question de Tanger in La Revue de Paris, 1922)
      • À l’entrée du carrefour se trouvait un méchant groseillier sur lequel séchaient des guenilles. (Honoré de Balzac, La Comédie humaine : Scènes de la vie à la campagne : Le Médecin de campagne, 1833, p. 8)
      • Des chenets à 3.000 francs comme occasion et un dîner composé d’un méchant poulet grillé, voilà ce que nous a rapporté notre journée de Rouen ; et par là-dessus, la rentrée dans la capitale de tous les Rouennais de Paris a amené un retard de deux heures au train. (Edmond et Jules de Goncourt, Journal, 1880, p. 69)
      • Le tout en assez mauvais état, comme le méchant bout de tapis par terre, les chaises paillées et les rideaux en faux Gobelins qui avaient cet aspect définitivement poussiéreux et passé qui enlève tout courage pour en entreprendre le nettoyage. (Elsa Triolet, Le premier accroc coûte deux cents francs : nouvelles, 1945, p. 121)
    2. (En parlant d’une personne du point de vue de sa fonction) Sans valeur, incompétent.
      • Un méchant orateur.
      • Un méchant avocat.
      • Dites donc une fois pour toutes que c’est l’homme qui honore la fonction, et qu’un bon ouvrier rend plus de services à la société qu’un méchant écrivain. (Marie Roch Louis Reybaud, Jérôme Paturot à la recherche d’une position sociale, 1844)
    3. (En parlant de traits ou d’attributs psychologiques) Qui ne remplit pas correctement sa fonction, défectueux.
      • Est-ce Vienne ou Valence qu’habite Mlle Sophie de Rivières ? Ma méchante mémoire m’a tenu incertain entre ces deux villes ; mais nous n’avons pris terre ni dans l’une ni dans l’autre. (M. de Guérin, Correspondance, 1837)
    4. (En parlant d’événements) Qui provoque des désagréments, des ennuis, désagréable, déplaisant, pénible.
      • La mer est méchante ce matin, les plaisanciers ne sortent pas.
      • Diable ! Diable ! Voilà une méchante affaire […] mais tout cela pourra faire chez moi un esclandre. (Alfred de Vigny, Chatterton, iii, 4, 1835)
      • En un instant, il fut entouré par une bande de jeunes boutiquiers qui ne demandaient qu’à lui faire un méchant parti. (André Theuriet, Le Mariage de Gérard, 1875)
    5. (Québec) De mauvais goût.
      • Cette soupe est méchante.
      • Pas mangeable, c’te mousse-là ! C’est pas qu’est ben méchante, est pas agréable au goût, that’s all. Pourtant, en-dessours, c’est bon, c’est à se licher les babines… Même si tu t’étouffes avec un gros morceau envalé de travers, t’en crèveras pas, ça t’apprendra à perdre patience, avance ta montre tandis que c’est encore le temps. (Jean-Marie Poupart, Chère touffe, c’est plein plein de fautes dans ta lettre d’amour : Roman, Éditions du Jour, 1973)
  2. (Avec une valeur méliorative) Bon, extraordinaire, fameux, remarquable, énorme ou impressionnant.
    • Chemises d’organdi, chaussures de zébu
      Cravate d’Italie et méchant complet vermoulu

      (Boris Vian, J’suis snob, 1955)
    • Prenez ensuite votre disque préféré, branchez, mettez à fond. Si ça ne vous tue pas, ça vous cloue à la maison pour un moment. Attention, c’est du méchant matériel [un syntonisateur Technics]. (Publicité dans Le Point, 19–25 avril 1982, p. 16)
    • Ces deux peuples sont-ils si différents, hormis le fait que les Cris, hommes ou femmes, soient de méchantes armoires à glace ? (Le Devoir, 3–4 juin 2006)
    • Le quotidien Le Figaro a qualifié hier de « méchant couac » la décision de Wajdi Mouawad de refuser le Molière du meilleur auteur francophone de théâtre qui lui avait été décerné la veille à Paris. (Le Devoir, 11 mai 2005)
    • Il a eu l’élégance de partir volontairement en novembre 1987, au moment où le parti s’acheminait rapidement vers une « méchante » descente aux enfers. (Le Devoir, 3 mai 2007)
    • Méchant changement, titre d’une émission canadienne de télévision des années 2010 dont l’objet est de transformer complètement une chambre à coucher.
    • C’était un méchant marathon, avec 38 jours de tournage, avec plusieurs scènes où je dois courir tout le temps, sans toujours être à bout de souffle. (Le Soleil, 23 juin 2007)
    • Il est arrivé dans une méchante bagnole !
  3. Malfaisant, antonyme : gentil.
    1. (En parlant d’une personne, d’un animal) Qui provoque, intentionnellement ou non, la souffrance physique ou morale d’autrui, cruel, féroce, sauvage.
      • C’est un méchant enfant.
      • Il est plus bête que méchant.
      • Le grand méchant loup.
      • Cela rappelle le portrait des Chinois et des Nègres : tout bons, ou tout méchants. (François-René de Chateaubriand, Itinéraire de Paris à Jérusalem et de Jérusalem à Paris, 1811)
      • Serge, mon bon Serge, supplia de nouveau Désirée, ne sois pas méchant… Vois comme il est innocent, le cher petit. (Émile Zola, La Faute de l’abbé Mouret, 1875, p. 1270)
      • Vous êtes bien méchant d’être resté si longtemps sans me donner de vos nouvelles.
      • Inès : Je vous le dirai plus tard. Moi, je suis méchante : ça veut dire que j’ai besoin de la souffrance des autres pour exister. Une torche. Une torche dans les cœurs. Quand je suis toute seule, je m’éteins. (Jean-Paul Sartre, Huis clos, 1944, 5, p. 144)
      • Chien méchant : Chien auquel on ne peut se fier, qui est susceptible de mordre, d’attaquer.
    2. Médisant.
      • Méchante langue : Personne médisante, mauvaise langue.
      • Quelques furets ont prétendu que certains déjeuneurs s’étaient laissé séduire […] Mais c’étaient de méchantes langues ; ces bruits sont tombés comme tant d’autres. (Jean Anthelme Brillat-Savarin), Physiologie du goût, 1825, p. 160}}
    3. (En parlant du comportement ou des actes) Malveillant, cruel, qui provoque, ou témoigne d’un désir de provoquer, la souffrance physique ou morale d’autrui. Antonyme : aimable, bienveillant, doux.
      • Des propos méchants.
      • Un air, un regard méchant.
      • Jouer un méchant tour, une méchante farce à quelqu’un.
      • Allusion, plaisanterie, propos, réflexion méchant(e).
      • Chaque jour on nous apportait quelque méchant bon mot de M. de Talleyrand contre son maître, ou quelque cancan de coulisses. (George Sand, Histoire de ma vie, t. 2, 1855, p. 348)
      • Il observait avec un plaisir méchant le visage affaissé, et dans sa tête des mots filaient comme le vent. (Simone de Beauvoir, Mandarins, 1954, p. 472)
      • La bonne humeur me sembla être, de la part du convive, une preuve de bonté. Mais l’insistance de son rire me fit croire qu’au courant de la déception du domestique il éprouvait peut-être au contraire une joie méchante. (Marcel Proust, Le Côté de Guermantes, 1921)
  4. Grave.
    • Ce n’est pas (bien/très) méchant : Cela ne porte pas à conséquence, n’est pas très grave.

Dérivés[modifier]

Traductions[modifier]

Nom commun 1[modifier]

Singulier Pluriel
Masculin méchant
\me.ʃɑ̃\
méchants
\me.ʃɑ̃\
Féminin méchante
\me.ʃɑ̃t\
méchantes
\me.ʃɑ̃t\

méchant \me.ʃɑ̃\ masculin (équivalent féminin : méchante)

  1. Personne cruelle.
    • Il faut fuir les méchants.
    • Sans se montrer armé du terrible anathème, Il rend l’espoir au juste et la crainte au méchant : La victime pardonne, et le pauvre est content. (Joseph Fr. Michaud, Le Printemps d’un proscrit, 1803, p.54)
  2. Dans la fiction, personnage animé de noirs desseins, opposé au héros bienfaisant de la fable, du film, du conte, etc.

Antonymes[modifier]

Vocabulaire apparenté par le sens[modifier]

Traductions[modifier]

Nom commun 2[modifier]

méchant \me.ʃɑ̃\ masculin singulier

  1. La méchanceté, le mal.
    • Faut faire sortir le méchant.

Forme de verbe[modifier]

Conjugaison du verbe mécher
Participe Présent méchant
Passé

méchant \me.ʃɑ̃\

  1. Participe présent de mécher.

Prononciation[modifier]

Anagrammes[modifier]

Voir aussi[modifier]

Références[modifier]