femme

Définition, traduction, prononciation, anagramme et synonyme sur le dictionnaire libre Wiktionnaire.
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Français[modifier]

Étymologie[modifier]

(1080) Du latin fēmĭna (« femelle », « femme »)[1]. L’étymologie de fēmĭna est obscure :
  1. « celle qui enfante, qui donne la vie », participe moyen substantivé de *feo[2][3][4](« produire, enfanter ») qui a donné fetus, fetura, fecundus, fenum, fenus (voir ces mots).
  2. « celle qui allaite[5][4] », apparenté à filius, fellare (« téter, sucer »).
Le latin fēmĭna était en concurrence sur le territoire gallo-romain avec les mots mulier (« femme ») et uxor (« épouse »). Ces deux derniers mots passeront en ancien français[1], sous la forme : moillier (« épouse, femme ») et oissour (« épouse »).
Fēmĭna était accentué sur la première syllabe, c’est elle qui restera en ancien français. Le mot sera prononcé avec une voyelle longue \fẽː.me\, qui s’ouvre ensuite en \fãː.me\ pour se raccourcir enfin, \fam\ après la dénasalisation qui s’est produite au XVIIe siècle.
Orthographe du mot : La forme femme est la première forme attestée en (1080) dans La Chanson de Roland, mais elle a coexisté avec les formes feme et fame durant le Moyen Âge, la première étant plus influencée par l’étymologie et la deuxième par la prononciation. On trouve dans les autres langues d’oïl une évolution similaire : feme en wallon, fanne en bourguignon et fonne en nivernais (dialecte du berrichon)[6].

Nom commun [modifier]

Singulier Pluriel
femme femmes
\fam\
Dessin d’une femme de morphologie moyenne, tel qu’il figure sur la plaque de Pioneer 11.
La femme éternelle : Vénus vue par Bouguereau (1879, détail)

femme \fam\ féminin (équivalent masculin : homme)

  1. Être humain de sexe féminin (par opposition à homme), femelle de l’Homo sapiens.
    • Les divers préjugés sur le rapport d’excellence de l’homme à la femme, ont été produits par les coutumes des anciens peuples, les systèmes de politique et les religions qu’ils ont modifiés à leur tour. J’en excepte la religion chrétienne, qui a établi, comme je le dirai plus bas, une supériorité réelle dans l’homme, en conservant néanmoins à la femme les droits de l’égalité. […] Un proverbe hébreu borne presque toute l’habileté des femmes à leur quenouille, et Sophocle a dit que le silence était leur plus grand ornement. Par un excès opposé, Platon veut qu’elles aient les mêmes occupations que les hommes. Voyez le cinquième dialogue Πολιτειῶν. — (Diderot, Encyclopédie, art. « Femme (Anthropologie) », 1772)
    • Ce n’est jamais d’après le masque hypocrite des femmes qu’il faut s’aviser de les juger. — (Donatien Alphonse François de Sade, La Prude ou La Rencontre imprévue, in Historiettes, Contes et Fabliaux, 1788, éd. 1926)
    • Les Benjamites furent avertis qu’ils pourroient s’approcher secrètement du lieu de la fête, s’aposter de manière à bien voir les femmes qui s’y trouveroient, et enlever sans résistance celles qu’ils voudroient pour épouses. — (Rabelleau, Histoire des Hébreux, t. 1, 1825, p. 261)
    • Cependant les femmes de Lima gouvernent les hommes parce qu’elles leur sont bien supérieures en intelligence et en force morale. — (Flora Tristan, Les Femmes de Lima, La Revue de Paris, tome 32, 1836)
    • Je suis l’ennemi de ce règne de l’homme qui n’est pas encore terminé. Pour moi, la femme est l’avenir de l’homme, au sens où Marx disait que l’homme est l’avenir de l’homme. — (Louis Aragon, Le Fou d’Elsa, commentaire, 1963)
  2. Personne adulte et nubile de sexe féminin (par opposition à fille, fillette et femme-enfant).
    • Mais peu avant sa vingtième année, quand de jeune fille elle devint femme et vit s’effiler sous les seins le premier pli charmant de la maturité qui va naître, il lui vint tout à coup des ambitions. — (Pierre Louÿs, Aphrodite, Livre I, ch. i, Mercure de France, Paris, 1896)
    • Mes tempes battent ; toute ma chair va à cette femme presque nue et charmante dans le matin et dans le transparent vêtement qui enferme la douce odeur d’elle. — (Henri Barbusse, L’Enfer, ch. VII, Éditions Albin Michel, Paris, 1908 ; éd. G. Crès, Paris, 1925, p. 99)
  3. Conjointe ; épouse ; partenaire.
    • Néanmoins la foi conjugale est sans cesse violée dans les grandes sociétés policées. Il est peu de maris qui soient fidèles à leurs femmes ; il est peu de femmes qui soient fidelles [sic] à leurs maris. — (Jean-Claude de La Métherie, De l’homme considéré moralement ; de ses mœurs, et de celles des animaux, vol. 2, an XI – 1802, p. 268)
    • Quand je la menai à l’autel, j’étais bien convaincu que ma femme l’emportait en beauté sur toutes les femmes belles de la terre. — (Octave Mirbeau, Lettres de ma chaumière : La Tête coupée, A. Laurent, 1886)
    • Préviens ta femme de ton arrivée. Ça me laissera le temps de passer tranquillement mon froc et de ne pas enfiler, dans la précipitation, mon slip à l'envers. — (Florentino Dos Santos, Les Cocus : Ces innocentes victimes des feux de l'amour… charnel, Éditions Le Manuscrit, 2003, p. 58)
  4. Personne qui revendique ou assume une part de féminité, en particulier :
    1. En tant qu’être délicat, fragile → voir sexe faible.
      • (Il s’agit d’un homme) Tout penseur complet doit être femme par les côtés délicats du cœur. — (Victor Hugo, Ruy Blas, 1838, p. 330)
    2. En tant que personne exploitée et méprisée → voir bobonne.
      • Moi aussi, je crois que j’ai un petit côté femme !
        S’il se limite à éplucher les légumes…
        — (Abdoulaye Ndiaye, Le Mannequin de bois, 2001)
  5. (Vieilli) (Au pluriel) Domestiques féminines. → voir femme de ménage et femme de chambre.
  6. (En apposition) Indique que la personne exerçant une profession est une femme, quand cette profession n’a pas de féminin ou que le féminin existe mais n’est pas connu par l’utilisateur ou risque de ne pas être compris.
    1. (Placé avant un nom de profession)
      • Si seules de rares femmes photographes marquent l’histoire de la photographie au XIXe siècle, elles prennent superbement leur revanche à partir des années vingt. — (Christian Bouqueret, ‎Les Femmes photographes : de la nouvelle vision en France, 1920-1940, Marval, 1998)
    2. (Placé après un nom de profession)
      • Un professeur femme.

Synonymes[modifier]

Dérivés[modifier]

Apparentés étymologiques[modifier]

Proverbes et phrases toutes faites[modifier]

Vocabulaire apparenté par le sens[modifier]

Hyponymes[modifier]

Traductions[modifier]

Prononciation[modifier]

Homophones[modifier]

Paronymes[modifier]

Voir aussi[modifier]

Références[modifier]

  1. a et b « femme », dans TLFi, Le Trésor de la langue française informatisé, 1971-1994 → consulter cet ouvrage
  2. « femina », dans Charlton T. Lewis et Charles ShortA Latin Dictionary, Clarendon Press, Oxford, 1879 → consulter cet ouvrage
  3. Alfred Ernout et Antoine Meillet, Dictionnaire étymologique de la langue latine : Histoire des mots, retirage de la quatrième édition, augmentée d’additions et de corrections nouvelles par Jacques André, Klincksieck, Paris, 1994, ISBN 2-252-02491-7
  4. a et b Michel Bréal et Anatole BaillyDictionnaire étymologique latin, Hachette, Paris, 1885 → consulter cet ouvrage
  5. Julius PokornyIndogermanisches etymologisches Wörterbuch, 1959 → consulter cet ouvrage
  6. « femme », dans Émile LittréDictionnaire de la langue française, 1872-1877 → consulter cet ouvrage