piquer

Définition, traduction, prononciation, anagramme et synonyme sur le dictionnaire libre Wiktionnaire.
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Français[modifier | modifier le wikicode]

Étymologie[modifier | modifier le wikicode]

Dérivé de pic issu du latin picus (« pic-vert »).

Verbe[modifier | modifier le wikicode]

piquer /pi.ke/ transitif 1er groupe (conjugaison)

  1. Percer, entamer légèrement avec quelque chose de pointu.
    • Je m’apprête, pour descendre à table. J’endosse un gilet de fantaisie, un vêtement sombre. Je pique une perle à ma cravate. (Henri Barbusse, L’Enfer, 1908)
    • Je me suis piqué le doigt.
    • Piquer quelqu’un jusqu’au sang.
  2. Faire de petits trous, à l’aide d’aiguilles.
    • Piquer un papier, du carton.
  3. Mordre, darder en parlant des serpents, de la vermine, des insectes.
    • Être piqué par un serpent.
    • Être piqué par un moustique, par une guêpe.
    • Les mouches piquent les chevaux.
  4. Se dit également des insectes qui entament le bois, les étoffes, etc.
    • Les miles, les vers ont piqué ce manteau.
    • Ce livre est piqué des vers.
  5. (Maréchal) Clouter.
    • Piquer un cheval, lui faire entrer la pointe du clou jusqu’à la chair vive, en le ferrant.
  6. (Équitation) Éperonner un cheval pour le pousser au galop.
    • Piquer un cheval et, absolument, piquer.
    • Piquer des deux, faire sentir les deux éperons à un cheval afin d’accélérer sa marche.
    • Piquer un galop.
  7. (Familier) Plonger, tomber.
  8. (En particulier) (Aéronautique) Descendre brusquement.
    • L’avion revient vers nous, plane un moment sur nos têtes, glisse, remonte et, dans une dernière caracole, pique vers son hangar. (Charles Le Goffic, Bourguignottes et pompons rouges, 1916, p.203-204)
  9. (Marine) Aller à l’encontre du vent.
    • Piquer au vent.
  10. Enfoncer, faire pénétrer une pointe.
    • Piquer des épingles sur une pelote.
  11. (Par extension) Coudre, unir, faire avec du fil ou de la soie, sur deux ou plusieurs étoffes mises l’une sur l’autre, des points qui les traversent et qui les unissent.
    • Piquer un couvre-pied.
    • Piquer des bottines, Unir par des points l’étoffe des bottines à leur cuir.
    • Piquer un collet d’habit, des poignets de chemise, etc., y faire des points et arrière-points symétriques pour les orner.
    • Piquer à la machine, piquer des étoffes à l’aide d’une machine à coudre.
    1. S’emploie encore en des sens analogues dans plusieurs termes d’arts, de métiers, de jeux, etc.
      • Piquer une pierre, un moellon, une meule, etc., les rendre rugueux, en y faisant de petits enfoncements avec le côté pointu du marteau.
  12. Larder.
    • Piquer de gros lard un morceau de bœuf, Le larder avec de gros lardons.
  13. (Billard) Frapper perpendiculairement.
    • Piquer la bille.
  14. (Musique) Détacher une note.
    • Piquer une note.
  15. (Par extension) Sonner.
    • La cloche venait de « piquer » 19 heures, et nous descendions dîner quand le cri « un ours! » nous rappela sur le pont. (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
  16. Picoter la langue.
    • Ce vin pique agréablement.
    • Ce fromage pique.
  17. (Figuré) Faire une vive impression.
    • Il n’y a rien dans cet ouvrage, dans ce style qui pique et qui réveille.
    • Il y a dans la physionomie de cette femme je ne sais quoi qui pique et qui attire.
    • Piquer la curiosité de quelqu’un, Inspirer un vif désir de connaître.
  18. Fâcher, irriter, froisser la susceptibilité ou la légitime fierté de quelqu’un, mettre en colère.
    • Ce discours l’a piqué au vif.
    • La moindre chose le pique.
    • Il dit souvent des choses qui piquent.
  19. Euthanasier (en parlant d’un animal domestique).
  20. (Familier) Emprunter, prendre, voler quelque chose.
    • Il m'a piqué mon sac a main.
    • Je peux te piquer un chewing-gum?

se piquer pronominal

  1. Se percer légèrement la peau avec quelque chose de pointu.
  2. Injecter de la morphine ou de quelque autre substance analogue ; se droguer.
    • Il se pique.
  3. (Familier) (Par ellipse) Se piquer le nez ; s’enivrer légèrement et habituellement.
  4. Se gâter, en présentant d’ordinaire des trous ou des taches.
    • Ce bois se pique, ces étoffes se piquent, les vers s’y mettent.
    • Ce papier imprimé se pique, il commence à se gâter, faute d’avoir été étendu et séché.
    • Ces confitures se piquent, elles ont des taches de moisissure.
    • Une gravure, un livre qui se pique, où il se fait de petites taches d’humidité.
  5. Aigrir, tourner au vinaigre.
    • Ce vin, cette boisson se pique, ce vin, cette boisson commence à s’aigrir.
  6. (Figuré) Se sentir offensé, prendre en mauvaise part.
    • C’est un homme qui se pique du moindre mot qu’on lui dit.
    • Il parle en homme piqué.
  7. Se glorifier de quelque chose, en faire vanité, en tirer avantage, en faire profession.
    • Il faut avouer que les jansénistes, qui ne se sont jamais piqués d’être fins, l’ont été dans ces derniers temps bien plus qu’ils ne pensaient, et que les jésuites, qui se piquent de l’être beaucoup, ne l’ont été guère. (Jean le Rond d’Alembert, La Suppression des jésuites (éd. populaire abrégée), Édouard Cornély, 1888)
    • Comment le savez-vous ? lui demandai-je vexé, car je me pique de parler très purement l’espagnol. (Gustave Aimard, Les Trappeurs de l’Arkansas, 1858)
    • Les gens qui se piquaient d’orthodoxie marxiste n'ont voulu ajouter rien d'essen­tiel à ce qu'avait écrit leur maître […]. (Georges Sorel, Réflexions sur la violence, Chap.V, La grève générale politique, 1908, p.246)

Dérivés[modifier | modifier le wikicode]

Apparentés étymologiques[modifier | modifier le wikicode]

Traductions[modifier | modifier le wikicode]

Traductions à trier[modifier | modifier le wikicode]

Prononciation[modifier | modifier le wikicode]

Homophones[modifier | modifier le wikicode]

Anagrammes[modifier | modifier le wikicode]

Références[modifier | modifier le wikicode]