marron

Définition, traduction, prononciation, anagramme et synonyme sur le dictionnaire libre Wiktionnaire.
Aller à : navigation, rechercher
Voir aussi : marrón

Français[modifier]

Étymologie[modifier]

(Nom 1, Adjectif 1) (1526)[1] De l’italien marrone (« grosse châtaigne »).
  • Apparaît orthographié maron, au XVIIe siècle (... et sans doute auparavant) dans le vocabulaire de la teinturerie, car on le trouve attesté dans le Recueil des Edits et déclarations du Roy (Louis XIV), arrêts et règlements du Parlement de Besançon publiés et enregistrés depuis 1674, page 193 et p.263, « pour lesdites laines teintes en pourpré & maron, en les passint ensuite sur lu cuve d'inde ou après les y avoir payées auparavant(...) maron, pruneau & rouges-bruils , presque noirs, leur faisant trés-expresses inhibitions & défenses d'employer dudit bois d'inde ou de campêche e dans la teinture des laines fines  »
  • Attesté également en français comme nom de couleur en 1750 ( « couleur de maron » ) sous l’orthographe alternative maron dans un livre de Jean Hellot, L’Art de la teinture des laines, p. 485, ( « On tire de ce mélange un très-grand nombre de couleurs comme les Caffé, Maron , Pruneau, Musc, Epine et autres nuances. »), l’adjectif marron pour la couleur n’entre dans le dictionnaire de l’Académie que dans la 6e édition de 1835.
  • Réaumur, en 1737, évoque les « nuances de brun qui tirent assés communement sur le marron ou une nuance de marron rougeâtre ».
  • Le Conseil d’Etat de 1718, sur les étoffes qui se fabriquent à Nîmes, comme les burates, : « les Burates unies des couleurs musc, marron, caffé, minime, canelle, tabac, gris-clair, gris-argentin, gris de plomb, gris de fer & noir, seront savonnées […]  » (imprimé en 1730)
(Nom 2, Adjectif 2) (1640) De l’espagnol cimarrón (« sauvage, vivant sur les cîmes »), terme hispano-américain ou bien de l’espagnol marro (« fuite, évasion »), [2].
(Nom 3) De l’ancien français maron, latin maro pluriel marones. Terme attesté depuis le Xe siècle, il a été l’objet de multiples interprétations : → voir marones. D’après Furetière et Ménage, ce mot est d’origine italienne et milanaise : depuis lors Terracini et Hubschmidt situent son apparition en Lombardie de manière indubitable, où le mot y est attesté dès 1176 (Keller). Son étymologie a fait l’objet de nombreuses recherches dont celles de Dauzat, Terracini, Keller. Quelques étymologies  :De la racine préromane *marr, « la pierre » , « le roc » (Hubschmidt), étymologie la plus récente et acceptée. D’une racine marh signifiant « cheval » (Meyer-Lübke) Toscan marrone « cheval qu’on attelle à côté d’un autre encore mal dompté pour lui servir de guide » : il y avait les marrons viatores équipés de chevaux, ou à pied, porteurs de chaire (ramasse). De marrone, « homme expert qui en guide un autre », « guide de montagne » ( XVIe/XVIIe). [3] provenant de maru, « magistrat étrusque » (→ voir marucci) De la marre, «pelle », instrument du cantonnier de César réparant les chemins des Alpes ; les marrons étaient équipés de bâtons et piolets.

Nom commun 1[modifier]

Singulier Pluriel
marron marrons
\ma.ʁɔ̃\

marron \ma.ʁɔ̃\ masculin

  1. Grosse châtaigne.
    • Purée de marrons.
    • Des marrons grillés.
    • Chaud les marrons !
    • Le scientifique appelle marron le fruit du châtaignier qui ne possède qu’une amande sous le tégument coriace et châtaigne celui qui en possède plusieurs séparés par le tan. L’industriel et le commerçant … auraient tendance à élargir la notion de marron à toutes les châtaignes un peu grosses et dodues. Quant au gastronome, … de la purée ou de la crème de marron, … châtaigne blanchie, … on parle de boudins aux châtaignes et de dinde aux marrons ! (Robert Bourdu, Le châtaignier, p. 21, 1996, Actes Sud, Le nom de l’arbre)
    1. (Figuré) (Populaire) Coup de poing, châtaigne, gnon.
    • Flanquer un marron.
  2. (Par analogie)
    1. (De couleur)
      1. Brun, couleur de la graine mûre. #a04000 #602000 #402000 Voir la note sur les accords grammaticaux des noms de couleurs employés comme noms ou adjectifs.
        • Un homme de moyenne taille […] vêtu d’un caban de couleur marron. (Gautier, Capitaine Fracasse, 1863)
    2. (De forme)
      1. (Botanique) Marron d’Inde.
        • Ramasser des marrons dans la cour de l’école.
      2. (Pyrotechnie) Fusée à pétard dont la détonation évoque l’éclatement d’une châtaigne sur le feu.
  3. Jeton servant à contrôler la présence d’une personne à son poste.
    • Un surveillant de ronde, qui inspectait le dortoir d’en bas du bâtiment-neuf, au moment de mettre son marron dans la boîte à marrons, − c'est le moyen qu’on employait pour s’assurer que les surveillants faisaient exactement leur service ; toutes les heures un marron devait tomber dans toutes les boîtes clouées aux portes des dortoirs. (Victor Hugo, Les Misérables, 1862
  4. (Populaire) Tête.
    • Il a reçu un coup sur le marron.
  5. (Figuré) Attrapé, refait.
    • Être rôti comme un marron. → voir être chocolat.
  6. Grumeau de farine se formant dans la pâte à pain lors du pétrissage.
Note
En France, ce mot a remplacé brun comme le terme général pour cette couleur, tandis qu’au Canada, seul le mot brun est utilisé.

Dérivés

Vocabulaire apparenté par le sens

Traductions

Adjectif 1

Invariable
marron
\ma.ʁɔ̃\

marron \ma.ʁɔ̃\ invariable

  1. Brun, de la couleur du fruit mûr du châtaignier. Voir la note sur les accords grammaticaux des noms de couleurs employés comme noms ou adjectifs.
    • Le lagon, habituellement bleu-vert transparent, devient marron à force de réceptionner la terre qui s’y déverse. (Thierry {smcp), Du mistral au maraamu, Société des Écrivains, 2012, p. 191)

Dérivés[modifier]

Traductions[modifier]

Prononciation[modifier]

Voir aussi[modifier]


Nom commun 2[modifier]

Singulier Pluriel
Masculin marron
\ma.ʁɔ̃\
marrons
\ma.ʁɔ̃\
Féminin marronne
\ma.ʁɔn\
marronnes
\ma.ʁɔn\

marron \ma.ʁɔ̃\ masculin

  1. (Antilles) (Vieilli) Esclave qui s’est enfui pour vivre en liberté.
    • Faire marron, s’enfuir.
    • La réussite de l’évasion du marron, son intégrité physique, sa survie même dépendent de sa capacité à disparaître, à devenir imperceptible. (Dénètem Touam Bona, Fugitif, où cours-tu ?, 2016)
    • II partit avec quatre esclaves, et un Nègre libre ils ne donnèrent heureusement dans aucun des pièges des Marrons qui ont l’usage de creuser des fosses profondes, dont ils couvrent adroitement la surface avec des feuilles et au fond desquelles ils plantent des pieux aiguisés, qui empalent ceux qui s’y laissent tomber, et ils parcoururent des bois et des montagnes où ils trouvèrent quelques traces des Marrons qui s’étaient enfuis (Lettres Édifiantes et Voyages des Missionnaires Jésuites)

Dérivés[modifier]

Vocabulaire apparenté par le sens[modifier]

Adjectif 2[modifier]

Singulier Pluriel
Masculin marron
\ma.ʁɔ̃\
marrons
\ma.ʁɔ̃\
Féminin marronne
\ma.ʁɔn\
marronnes
\ma.ʁɔn\

marron \ma.ʁɔ̃\

  1. Évadé, fugitif, déserteur, enfui en parlant d’un esclave.
  2. Qui se livre à l’exercice illégal d’une profession, ou à des pratiques illicites ou de bas étage.
    • Courtiers, médecins marrons ; magie marronne.
    • Nègre marron. Nègre qui travaille, écrit pour quelqu’un de célèbre
  3. Animal qui, de domestique, est devenu sauvage, féral.
    • Cochon marron.
    • Les pampas d’Amérique du Sud donnent également asile à d’immenses troupeaux de Chevaux marrons (cimmarrones) ; lesquels proviennent selon d’Azara, de Chevaux andalous abandonnés par les Espagnols vers le milieu du XVIe siècle. (A. Raillet, "Traité de zoologie médicale et agricole", p. 1161, 1895, Asselin et Houzeau, Paris)
  4. (Île Maurice) (La Réunion) Qualifie une plante sauvage qui présente des analogies avec une plante cultivée.
    • Thym marron (Erica galioides) ; pistache marron (Asystasia gangetica).
    • Je vois Denis arrêté devant un buisson : "Pistache marron". Dans sa main, une longue gousse entrouverte laisse échapper des graines noires, semblables à des insectes. (J. M. G. Le Clézio, Le Chercheur d'or, Gallimard, 1985)

Traductions[modifier]

Nom commun 3[modifier]

Singulier Pluriel
marron marrons
\ma.ʁɔ̃\

marron \ma.ʁɔ̃\ masculin

  1. (Désuet) (Alpes) (Lanslebourg-Mont-Cenis)Porteur savoyard dans les Alpes, guide de montagne, en particulier en Maurienne au Mont-Cenis.
    • Du Passeur au Guide. Alors, et alors seulement, les marrons de Novalaise prennent une autre figure, à l'image de la montagne. On voit ses marrons l'aider, lui expliquer ce qu'on trouve en montagne [...] (Renaud de Bellefon , Histoire des Guides de Montagne: Alpes et Pyrénées, 1760-1980, 2003, p. 123 )
    • Apparut alors, disent les textes, quoddam genus hominum qui « marrones » vocantur (une sorte d'homme qu'on appelait marrons).On relève marones, marronai, marronnes, marucci, mazanes, et, en Val d'Aoste plus particulièrement, celle de marronniers. Leur clientèle était faite de grands personnages : diplomates, ambassadeurs, parfoisde papes, d'ecclésiastiques [...] (Nicolas Giudici, La philosophie du Mont-blanc, 2003, ‎Literary Collections )
    • On les appelle ordinairement Marrons. Ils sont divisés en plusieurs bandes et ont des petites chaises qu’ils portent tousjours à la main Quand la neige ni y est pas assez forte ni assez gelée, ils portent sur ces chaises les voyageurs, mais quand le froid a rendu la neige bien dur, et ils accommodent leurs chaises de façon, qu’ils ne portent a plus les voyageurs, mais les font glisser sur la neige avec tant de vitesse, particulièrement à la descente du Mont-Cenis, qu’à peine les peut on suivre des yeux ( Guido Bentivoglio, 1713, Mémoires du Cardinal Bentivoglio, page 39)

Dérivés[modifier]

Synonymes[modifier]

Vocabulaire apparenté par le sens[modifier]

Traductions[modifier]

Voir aussi[modifier]

Références[modifier]

  • A. Dauzat, Notes lexicologiques : marrons et marronniers de montagne, Fr. mod. 1954, t.22, p. 84-88.
  • J. Désormeaux, Marrons et marrons, RSav., 1902.
  • J. Hubschmid, Romanica Helvetica, t. 41, p. 52-57. REW 5369 et FEW 6, 368b.
  • Hans-Erich Keller, Notes d’étymologies gallo-romane et romane : 5° Sav. marron « guide de montagne ». ' Revue de Linguistique Romande, 26, Société de linguistique romande, 1962. RLIR 26, 140 Consultable en ligne sur : [www.e-periodica.ch]
  • Ch. Marteaux, Communication sur le mot « marron », RSav. XLVII, 1906.
  • Société d’histoire et d’archéologie de Maurienne, « Le col du Mont-Cenis : Porte millénaire des Alpes », 1976.
  • Terraccini, Problemi di Etimologia preromana. I, it. « marrone », fr. « marron », « specie di castagna », in «  Archivio glottologico italiano. », XXXIX (1954), p. 120-141.
  • Tout ou partie de cet article est extrait du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition, 1932-1935 (marron), mais l’article a pu être modifié depuis.
  1. « marron », dans TLFi, Le Trésor de la langue française informatisé, 1971-1994 → consulter cet ouvrage
  2. Alain Yakou, La longue guerre des nègres marrons de Cuba, Karthala Editions, 2009, p. 17. ISBN 2811131582
  3. Ariane Bruneton-Governatori, Le pain de bois : ethnohistoire de la châtaigne et du châtaignier, Lacour, 1999, p. 140
  4. Raymond Breton op., Dictionaire caraibe-francois, 1666 : « nègre fugitif », « marron ».
  5. P. Phillibert Monet, Abrégé du parallèle des langues françoise et latine repporté au plus près de leurs propriétez, 1637. Marones, Marrones Marucci, Marunos sont les termes originaux trouvés dans les anciens documents comme en Ammiani Marcellini quae supersunt Le marron permettait le passage en Italie vers la Rome latine.

Ancien français[modifier]

Nom commun[modifier]

marron \Prononciation ?\ masculin

  1. Variante de maron.
    • Là ne fault marron, n'estrangier,
      Ne sur la neige avoir doubtance,
      N'a la ferrière desplaisance,
      Où l'on pert par cheoir la vie
      Souvente fois.
      (Eustache Deschamps, Oeuvres complètes : Ballade, p. 119, 1391)

Références[modifier]

Moyen français[modifier]

Étymologie[modifier]

De l’ancien français marones.

Nom commun[modifier]

marron \Prononciation ?\ masculin

  1. (Botanique) Grosse châtaigne, fruit du marronnier.
    • […] que nous nommons Tonnerre, femblable à celuy qui fe caufe d'vil fer chaud qu'on met en l'eau,ou comme nous voyons fouuent aux chofes humides, qui enferment en foy quelque vent ou air chaud, comme vous pouuez auoir fait experience au gland, ou au marron, le jettant au feu entier. (Les diverses leçons de Pierre Messie, mises de castillan en françois par Claude Gruget, parisien, 1526)
  2. (Lanslebourg-Mont-Cenis) (Alpinisme) Guide de montagne, porteur savoyard en chaire ou ramasse au col du Mont-Cenis, passeur entre la France et l'Italie, autrefois unique passage vers Rome. → voir se faire ramasser
    • Les gryphons et marrons des montaignes de Savoie, Daulphiné et Hyperborées, qui ont neiges sempiternelles, seront frustrés de ceste saison, et n'en auront point, selon l'opinion d'Avicenne, qui dit que le printemps est lorsque les neiges tombent des monts. Croyez ce porteur/ ( François Rabelais, 1533, Pantagrueline prognostication , « Du Printemps »)
    • Je pris là huit marrons pour me faire porter en chaise jusqu'au haut du Mont-Cenis, et me faire ramasser de l'autre côté. (Michel de Montaigne, Journal du Voyage de Michel de Montaigne en Italie, par la Suisse et l’Allemagne, en 1580 et 1581)
    • Arriuant à la Novalaize, on Iuyfeit entendre quela tourmente estoit fur la montagne, ce nonobstant on ne luy sceut dissuader de passer ce iour là, pensant corrompre le terri ps, contre l'opinion de tous les marrons, qui font ceux qui cognoissent les tourmentes de la montagne , comme font les mariniers celles de la mer : mais estant à mi-chemin de la montagne, entre la Ferrière &Ia plaine de hospitalet, la tourmente fut si extrême que la plupart de ceux qui éstoient en sa compagnie furet en hazard d'estre péris, quelques bons guides qu'ils eussent. II s'en perdit bon nombre soubs les neges, & entre autres le seigneur de Carrouges, ieune homme de bonne maison : autres y perdirent la veuë, autres les pieds, & la plus grand part depuis ne furent en santé. Semblablement plusieurs soldats Allemans & autres, lesquels fous espérance qu'vn tel personnage que monsieur l'Amiral ne s'estoit mis en chemin fans auoir consulté du passage, l'auoient suiuy, qui se perdirent. Quant à luy ayát gaignéla plaine, il demeura si perdu luy&lès marrons qui le conduifoient, que fans des hommes qui estoient dedàs des tauernettes qui font au haut de la plaine, lesquels sortirent à son secours, indubitablement il eut fait pareille fin que les autres. ( Martin du Bellay, Mémoires, p. 521, 1543)

Références[modifier]

Anglais[modifier]

Étymologie[modifier]

(Nom commun 1) Du français marron.
(Nom commun 2) Du noongar marran.

Nom commun 1[modifier]

Singulier Pluriel
marron
\Prononciation ?\
marrons
\Prononciation ?\

marron \Prononciation ?\

  1. (Botanique) Variante de maroon.
    • I mean, shit, even if I had’ve come down here of a weekend and taken back a sack full of marron, I would have killed the pig up there. (Craig Silvey, Jasper Jones, Allen & Unwin, 2007)

Dérivés[modifier]

Nom commun 2[modifier]

Singulier Pluriel
marron
\Prononciation ?\
marrons
\Prononciation ?\

marron \Prononciation ?\

  1. Écrevisse bleue.

Références[modifier]

  • Cet article est adapté ou copié (en partie ou en totalité) de l’article du Wiktionnaire en anglais, sous licence CC-BY-SA-3.0 : marron, mais a pu être modifié depuis.