marron

Définition, traduction, prononciation, anagramme et synonyme sur le dictionnaire libre Wiktionnaire.
Voir aussi : marrón

Français[modifier le wikicode]

Étymologie[modifier le wikicode]

(Nom commun 1) (1526)[1][2] Emprunt à l’italien marrone (« grosse châtaigne »)[1][2], attesté depuis le début du XIVe siècle[1][2]. Il est probablement dérivé d’un radical préroman *marr- (« pierre »)[1][2] attesté de l’Italie jusqu’au Portugal, spécialement dans les Alpes et les Pyrénées[1][2] → voir marelle. Le terme marrone est probablement entré en français par la région lyonnaise[1][2]. Marron apparaît aussi orthographié maron jusqu’au XIVe siècle[2].
  • Le mot est d’abord attesté en 1526 (« comme vous pouuez auoir fait experience au gland, ou au marron, … », Claude Gruget, Les diverses leçons de Pierre Messie, page 888) avec le sens de « fruit du marronnier »[1]. Il entre dans l’expression tirer les Marrons du feu auec la patte du chat, désormais tirer les marrons du feu[1][2], dans Curiositez françoise d’Antoine Oudin, en 1640[1][2], qui a d’abord signifié « se donner de la peine pour le seul profit d’autrui », mais qui a subit une inversion de sens, signifiant alors « tirer profit de la situation »[3][4]. L’expression fut popularisée par Le Singe et le Chat de La Fontaine[2][4]. Marron entre dans la locution marron d’Inde pour la première fois dans la 2e édition du Dictionnaire de l’Académie française, en 1718[1][2]. En 1752, il apparait dans son sens pyrotechnique et son sens de jeton[1][2] dans le Dictionnaire de Trévoux[1]. En 1764, apparaît marron roti (« sorte de limaçon de mer »)[1]. Le sens de « noyau non calciné d’une pierre passée au four à chaux » apparaît en 1777[1][2] et celui de « grumeau dans la pâte à pain » en 1782[1][2]. En 1821, il prend le sens argotique de « des coups, de la bagarre »[1][2] qui évolue pour le sens familier de « coup de poing » en 1881[1][2]. Marron devient un nom de couleur en 1750[1], sous l’orthographe alternative maron, dans un livre de Jean Hellot, L’Art de la teinture des laines, page 485, (« On tire de ce mêlange un très-grand nombre de couleurs comme les Caffé, Maron, Pruneau, Muſc, Epine & autres nuances ſemblables, dont le nombre eſt preſque infini, & d’un très-grand uſage. »)[1].
(Nom commun 2) (Date à préciser) Emprunt à une langue caraïbe maron (« sauvage, en parlant d’une plante, d’un animal »)[1][2], tiré par aphérèse de l’espagnol cimarrón (« élevé, montagnard »)[1][2]. → Voir l’étymologie de l’adjectif 2.
  • Le terme est d’abord en usage dans les Antilles françaises[2]. Il prend en France métropolitaine le sens figuré de « personne exerçant illégalement » en 1762[1][2]. Le mot marron désigne aussi par métonymie un « ouvrage imprimé clandestinement »[1] depuis 1775, où il avait été écrit maron[2].
(Adjectif 1) (Date à préciser) Étymologie manquante ou incomplète. Si vous la connaissez, vous pouvez l’ajouter en cliquant ici.
(Adjectif 2) (1640)[1][2] Emprunt à une langue caraïbe maron (« sauvage, en parlant d’une plante, d’un animal »)[1][2], tiré par aphérèse de l’espagnol cimarrón (« élevé, montagnard »)[1][2], d’où par extension « animal domestique redevenu sauvage » et « Indien fugitif »[1][2], terme attesté dès 1535[2].
  • Il est peut-être issu de l’espagnol cima (« cime »)[2], lui-même du latin cyma (« tendron du chou »)[5], emprunt latinisé, et dont le genre est devenu féminin, au grec ancien κῦμα, kûma (« vague »)[6][7]. Le terme grec est probablement dérivé de κύω, kúô (« donner naissance »)[8], de la racine indo-européenne *kuh1 (« gonflement »)[8]
  • Ou peut-être de l’ancien espagnol cimarra (« fourré »)[2]
  • Le terme est d’abord utilisé dans les Antilles françaises[2], désignant originellement un « animal domestique redevenu sauvage »[2], sens étendu aux plantes[2]. Par analogie, il désigne en 1658 un « esclave en fuite »[2], sens qui semble être une création des colons par comparaison avec le sens premier[1][2]. Il prend en France métropolitaine le sens figuré de « exerçant illégalement »[1][2].

Nom commun 1 [modifier le wikicode]

Singulier Pluriel
marron marrons
\ma.ʁɔ̃\
Un marron. (sens 1)
Deux boxeurs en train de se donner des marrons. (sens 2)
Deux marrons. (sens 4)

marron \ma.ʁɔ̃\ masculin

  1. Grosse châtaigne.
    • Le scientifique appelle marron le fruit du châtaignier qui ne possède qu’une amande sous le tégument coriace et châtaigne celui qui en possède plusieurs séparés par le tan. L’industriel et le commerçant … auraient tendance à élargir la notion de marron à toutes les châtaignes un peu grosses et dodues. Quant au gastronome, … de la purée ou de la crème de marron, … châtaigne blanchie, … on parle de boudins aux châtaignes et de dinde aux marrons ! — (Robert Bourdu, Le châtaignier, 1996, Actes Sud, Le nom de l’arbre, page 21)
    • Des marrons grillés.
    • Avec le succès de son entreprise, M. Chestnut décide de se développer et d’acheter le fonds de commerce de son confrère M. Marron, qui vend des marrons chauds au parc Montsouris. — (André Lévy-Lang, L’Argent, la finance et le risque, 2006, p.126)
    • Chaud, les marrons ! — (Ernest Grenet-Dancourt, Monologues comiques et dramatiques, Librairie Ollendorf, page 157)
  2. (Figuré) (Populaire) Coup de poing, châtaigne, gnon.
    • – Quand on a reçu un marron, on fait l’mort. — (Léon Frapié, Réalisme, dans Les contes de la maternelle, 1910, éditions Self, 1945, page 131)
    • Y m’a filé une beigne,
      j’y ai filé un marron,
      m’a filé une châtaigne,
      j’y ai filé mon blouson.
      — (Renaud, Laisse béton, 1977)
  3. (Par analogie) Brun, couleur du fruit mûr. #a04000 #602000 #402000 Voir la note sur les accords grammaticaux des noms de couleurs employés comme noms ou adjectifs.
    • Un homme de moyenne taille […] vêtu d’un caban de couleur marron. — (Théophile Gautier, Capitaine Fracasse, 1863)
  4. (Botanique) Marron d’Inde.
    • Au fond une vingtaine de marronniers lâchaient comme des bombes leurs bogues piquantes sur la tête des enfants. Ceux-ci nous apportaient en cadeau des dizaines de marrons bien lustrés dont nous ne savions que faire.— (José Herbert, L’instituteur impertinent: Récit de vie, 2016)
  5. (Pyrotechnie) Fusée à pétard dont la détonation évoque l’éclatement d’une châtaigne sur le feu.
    • Le tir de deux marrons d’air qui ont éclaté à 300 ou 350 mètres de hauteur a fait dans le « nuage une large échancrure a travers laquelle apparut le ciel bleu ; deux autres marrons divisèrent le nuage en deux parties, qui prirent la direction des forces composant la résultante suivant laquelle se dirigeait sa masse.— (Congrès international de défense contre la grêle, Troisième Congrès international de défense contre la grêle et Congrès de l'hybridation de la vigne, tenus à Lyon les 15, 16 et 17 novembre 1901 : compte rendu sténographique. T. 1, Congrès de défense contre la grêle - 1902, page 306)
  6. Jeton servant à contrôler la présence d’une personne à son poste. Notamment en usage dans les mines, les casiers où ils se rangeaient se nommaient marronniers.
    • Un surveillant de ronde, qui inspectait le dortoir d’en bas du bâtiment-neuf, au moment de mettre son marron dans la boîte à marrons, − c’est le moyen qu’on employait pour s’assurer que les surveillants faisaient exactement leur service ; toutes les heures un marron devait tomber dans toutes les boîtes clouées aux portes des dortoirs. — (Victor Hugo, Les Misérables, 1862)
  7. (Populaire) Tête.
    • Il a reçu un coup sur le marron.
  8. (Figuré) Attrapé, refait.
    • Être rôti comme un marron. → voir être chocolat.
  9. Grumeau de farine se formant dans la pâte à pain lors du pétrissage.
  10. Peloton coagulé dans une table de plomb mal fondue.
  11. Noyau non calciné d’une pierre passée au four à chaux
  12. (Marbrerie) Appelé aussi clou ou durillon, partie très dure incluse le marbre et nuisant à son polissage.
  13. Grosse boucle de cheveux ronde et nouée avec un ruban.
  14. (Ichtyologie) Sur le bassin méditerranéen, nom vernaculaire d’un poisson proche de la dorade.
  15. (Cinéma) Copie intermédiaire d’un film permettant de travailler sur une copie sans abîmer l’original.
  16. (Désuet) (Alpes) (Lanslebourg-Mont-Cenis) Porteur savoyard dans les Alpes, guide de montagne, en particulier en Maurienne au Mont-Cenis.
    • Du Passeur au Guide. Alors, et alors seulement, les marrons de Novalaise prennent une autre figure, à l’image de la montagne. On voit ses marrons l’aider, lui expliquer ce qu’on trouve en montagne […] — (Renaud de Bellefon, Histoire des Guides de Montagne: Alpes et Pyrénées, 1760-1980, 2003, page 123)
    • Apparut alors, disent les textes, quoddam genus hominum qui « marrones » vocantur (une sorte d’homme qu’on appelait marrons). On relève marones, marronai, marronnes, marucci, mazanes, et, en Val d’Aoste plus particulièrement, celle de marronniers. Leur clientèle était faite de grands personnages : diplomates, ambassadeurs, parfois de papes, d’ecclésiastiques […] — (Nicolas Giudici, La philosophie du Mont-blanc, 2003, ‎Literary Collections)
    • On les appelle ordinairement Marrons. Ils sont divisés en plusieurs bandes et ont des petites chaises qu’ils portent tousjours à la main Quand la neige ni y est pas assez forte ni assez gelée, ils portent sur ces chaises les voyageurs, mais quand le froid a rendu la neige bien dur, et ils accommodent leurs chaises de façon, qu’ils ne portent a plus les voyageurs, mais les font glisser sur la neige avec tant de vitesse, particulièrement à la descente du Mont-Cenis, qu’à peine les peut on suivre des yeux — (Guido Bentivoglio, 1713, Mémoires du Cardinal Bentivoglio, page 39)

Notes[modifier le wikicode]

En France métropolitaine, le mot brun s’emploie dans l’arc nord-est du pays tandis que le mot marron l’a supplanté ailleurs. Au Canada, en Suisse et en Belgique, seul le mot brun est utilisé[9].

Synonymes[modifier le wikicode]

Dérivés[modifier le wikicode]

Vocabulaire apparenté par le sens[modifier le wikicode]

Traductions[modifier le wikicode]

Nom commun 2[modifier le wikicode]

Un marron. (sens 1)
Singulier Pluriel
marron marrons
\ma.ʁɔ̃\

marron \ma.ʁɔ̃\ masculin (pour une femme, on dit : marronne)

  1. (Antilles) (Vieilli) (Histoire) Individu esclavagé qui s’est enfui de la plantation pour vivre en liberté.
    • Faire marron, s’enfuir.
    • La réussite de l’évasion du marron, son intégrité physique, sa survie même dépendent de sa capacité à disparaître, à devenir imperceptible.— (Dénètem Touam Bona, Fugitif, où cours-tu ?, 2016)
    • II partit avec quatre esclaves, et un Nègre libre ils ne donnèrent heureusement dans aucun des pièges des Marrons qui ont l’usage de creuser des fosses profondes, dont ils couvrent adroitement la surface avec des feuilles et au fond desquelles ils plantent des pieux aiguisés, qui empalent ceux qui s’y laissent tomber, et ils parcoururent des bois et des montagnes où ils trouvèrent quelques traces des Marrons qui s’étaient enfuis — (Lettres Édifiantes et Voyages des Missionnaires Jésuites)
  2. (France) Homme travaillant illégalement.
  3. (Imprimerie) (Argot) Ouvrier compositeur travaillant pour lui-même chez un maître imprimeur.
  4. (Par métonymie) (Imprimerie) Livre, ou tout autre ouvrage, imprimé clandestinement.
  5. Lettres et chiffres découpés en à jour dans une feuille de métal, destiné à être utilisé en tant que pochoir.
  6. Animal domestique redevenu sauvage.

Vocabulaire apparenté par le sens[modifier le wikicode]

Traductions[modifier le wikicode]

Adjectif 1 [modifier le wikicode]

Invariable
marron
\ma.ʁɔ̃\

marron \ma.ʁɔ̃\ invariable

  1. Brun, de la couleur du fruit mûr du châtaignier. Voir la note sur les accords grammaticaux des noms de couleurs employés comme noms ou adjectifs.
    • Le lagon, habituellement bleu-vert transparent, devient marron à force de réceptionner la terre qui s’y déverse. — (Thierry Francès, Du mistral au maraamu, Société des Écrivains, 2012, page 191)
    • La teinture jaune est extraite du turmeric et des racines du nono ; avec ce dernier, d’un jaune très pâle, ils teignent la doublure très curieusement collée de tissus marron. — (Dominique Le Brun, La vérité sur la Bounty, 2015)

Notes[modifier le wikicode]

La Grande Grammaire du français (2021, p. 668) le note comme variable :
  • Deux parents (en haut, le père et, en bas, la mère) ont un phénotype (c’est-à-dire une apparence) « yeux marrons », tout en ayant un allèle récessif « yeux bleus » et un allèle dominant (c’est-à-dire imposant son phénotype au récessif) « yeux marrons ». — (Jacques Demongeot, Philippe Tracqui, Éléments de biologie à l’usage d’autres disciplines, 2012, page 33)

Dérivés[modifier le wikicode]

Traductions[modifier le wikicode]

Adjectif 2[modifier le wikicode]

Singulier Pluriel
Masculin marron
\ma.ʁɔ̃\
marrons
\ma.ʁɔ̃\
Féminin marronne
\ma.ʁɔn\
marronnes
\ma.ʁɔn\
Les mustangs sont des chevaux marrons. (sens 3)

marron \ma.ʁɔ̃\

  1. Évadé, fugitif, déserteur, enfui en parlant d’un esclave.
  2. (France) Qui se livre à l’exercice illégal d’une profession, ou à des pratiques illicites ou de bas étage.
    • Quand je dis insortable, je suis modeste. Le second de ces personnages est un médecin marron, qui s’était fait pincer deux fois ans un trafic d’héroïne. — (Lucien Rebatet, Les deux étendards, tome 2, Éditions Gallimard, 1951, page 503)
    • Nègre marron. Nègre qui travaille, écrit pour quelqu’un de célèbre
  3. Qualifie un animal qui, de domestique, est devenu sauvage, féral.
    • Cochon marron.
    • Les pampas d’Amérique du Sud donnent également asile à d’immenses troupeaux de Chevaux marrons (cimmarrones) ; lesquels proviennent selon d’Azara, de Chevaux andalous abandonnés par les Espagnols vers le milieu du XVIe siècle. — (A. Railliet, Traité de zoologie médicale et agricole, 1895, Asselin et Houzeau, Paris, page 1161)
  4. (Île Maurice) (La Réunion) Qualifie une plante sauvage qui présente des analogies avec une plante cultivée.
    • Thym marron (Erica galioides) ; pistache marron (Asystasia gangetica).
    • Je vois Denis arrêté devant un buisson : "Pistache marron". Dans sa main, une longue gousse entrouverte laisse échapper des graines noires, semblables à des insectes. — (J. M. G. Le Clézio, Le Chercheur d'or, Gallimard, 1985)

Dérivés[modifier le wikicode]

Traductions[modifier le wikicode]

Prononciation[modifier le wikicode]

Voir aussi[modifier le wikicode]

Références[modifier le wikicode]

  • A. Dauzat, Notes lexicologiques : marrons et marronniers de montagne, Fr. mod. 1954, t.22, pages 84-88.
  • J. Désormeaux, Marrons et marrons, RSav., 1902.
  • J. Hubschmid, Romanica Helvetica, t. 41, pages 52-57. REW 5369 et FEW 6, 368b.
  • Hans-Erich Keller, Notes d’étymologies gallo-romane et romane : 5° Sav. marron « guide de montagne ». ' Revue de Linguistique Romande, 26, Société de linguistique romande, 1962. RLIR 26, 140 Consultable en ligne sur : [www.e-periodica.ch]
  • Ch. Marteaux, Communication sur le mot « marron », RSav. XLVII, 1906.
  • Société d’histoire et d’archéologie de Maurienne, « Le col du Mont-Cenis : Porte millénaire des Alpes », 1976.
  • Terraccini, Problemi di Etimologia preromana. I, it. « marrone », fr. « marron », « specie di castagna », in «  Archivio glottologico italiano. », XXXIX (1954), pages 120-141.
  • Tout ou partie de cet article a été extrait du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition, 1932-1935 (marron), mais l’article a pu être modifié depuis.
  • « marron », Larousse.fr, Éditions Larousse
  • « marron », dans Émile LittréDictionnaire de la langue française, 1872–1877 → consulter cet ouvrage
  1. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z aa ab et ac « marron », dans TLFi, Le Trésor de la langue française informatisé, 1971–1994 → consulter cet ouvrage
  2. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z aa ab ac ad ae af ag et ah Alain ReyDictionnaire historique de la langue française, Dictionnaires Le Robert, Paris, 1992
  3. Régina Maire, 500 expressions françaises, juin 2013
  4. a et b tirer les marrons du feu sur expressio.fr → lire en ligne
  5. « cima », dans Diccionario de la Real Academia Española, 23e édition
  6. Alfred Ernout, Antoine Meillet, Dictionnaire étymologique de la langue latine, 1932
  7. Félix GaffiotDictionnaire latin français, Hachette, 1934 → consulter cet ouvrage
  8. a et b Robert Beekes, Etymological Dictionary of Greek, Brill, Leyde, 2009
  9. Mathieu Avanzi, Les régionalismes du Grand Est sur Français de nos régions

Ancien français[modifier le wikicode]

Nom commun [modifier le wikicode]

marron \Prononciation ?\ masculin

  1. Variante de maron.
    • Là ne fault marron, n'estrangier,
      Ne sur la neige avoir doubtance,
      N'a la ferrière desplaisance,
      Où l'on pert par cheoir la vie
      Souvente fois.
      — (Eustache Deschamps, Œuvres complètes : Ballade, 1391, page 119)

Références[modifier le wikicode]

Moyen français[modifier le wikicode]

Étymologie[modifier le wikicode]

De l’ancien français marones.

Nom commun [modifier le wikicode]

marron \Prononciation ?\ masculin

  1. (Botanique) Grosse châtaigne, fruit du marronnier.
    • […] que nous nommons Tonnerre, semblable à celuy qui se cause d’vil fer chaud qu’on met en l’eau,ou comme nous voyons fouuent aux choses humides, qui enferment en foy quelque vent ou air chaud, comme vous pouuez auoir fait experience au gland, ou au marron, le jettant au feu entier. — (Les diverses leçons de Pierre Messie, mises de castillan en françois par Claude Gruget, parisien, 1526)
  2. (Lanslebourg-Mont-Cenis) (Alpinisme) Guide de montagne, porteur savoyard en chaire ou ramasse au col du Mont-Cenis, passeur entre la France et l’Italie, autrefois unique passage vers Rome. → voir se faire ramasser
    • Les gryphons et marrons des montaignes de Savoie, Daulphiné et Hyperborées, qui ont neiges sempiternelles, seront frustrés de ceste saison, et n’en auront point, selon l’opinion d'Avicenne, qui dit que le printemps est lorsque les neiges tombent des monts. Croyez ce porteur/ — (François Rabelais, 1533, Pantagrueline prognostication , « Du Printemps »)
    • Je pris là huit marrons pour me faire porter en chaise jusqu'au haut du Mont-Cenis, et me faire ramasser de l'autre côté. — (Michel de Montaigne, Journal du Voyage de Michel de Montaigne en Italie, par la Suisse et l’Allemagne, en 1580 et 1581)
    • Arriuant à la Novalaize, on luy feit entendre que la tourmente estoit sur la montagne, ce nonobstant on ne luy sceut dissuader de passer ce iour là, pensant corrompre le terri ps, contre l’opinion de tous les marrons, qui sont ceux qui cognoissent les tourmentes de la montagne, comme font les mariniers celles de la mer : mais estant à mi-chemin de la montagne, entre la Ferrière &Ia plaine de hospitalet, la tourmente fut si extrême que la plupart de ceux qui éstoient en sa compagnie furet en hazard d'estre péris, quelques bons guides qu'ils eussent. II s’en perdit bon nombre soubs les neges, & entre autres le seigneur de Carrouges, ieune homme de bonne maison : autres y perdirent la veuë, autres les pieds, & la plus grand part depuis ne furent en santé. Semblablement plusieurs soldats Allemans & autres, lesquels sous espérance qu'un tel personnage que monsieur l’Amiral ne s’estoit mis en chemin fans auoir consulté du passage, l’auoient suiuy, qui se perdirent. Quant à luy ayát gaigné la plaine, il demeura si perdu luy & lès marrons qui le conduisoient, que sans des hommes qui estoient dedàs des tauernettes qui font au haut de la plaine, lesquels sortirent à son secours, indubitablement il eut fait pareille fin que les autres. — (Martin du Bellay, Mémoires, 1543, page 521)

Références[modifier le wikicode]

Anglais[modifier le wikicode]

Étymologie[modifier le wikicode]

(Nom commun 1) Du français marron.
(Nom commun 2) Du noongar marran.

Nom commun 1 [modifier le wikicode]

Singulier Pluriel
marron
\Prononciation ?\
marrons
\Prononciation ?\

marron \Prononciation ?\

  1. (Botanique) Variante de maroon.
    • I mean, shit, even if I had’ve come down here of a weekend and taken back a sack full of marron, I would have killed the pig up there. — (Craig Silvey, Jasper Jones, Allen & Unwin, 2007)

Dérivés[modifier le wikicode]

Nom commun 2[modifier le wikicode]

Singulier Pluriel
marron
\Prononciation ?\
marrons
\Prononciation ?\

marron \Prononciation ?\

  1. Écrevisse bleue.

Références[modifier le wikicode]