jeter

Définition, traduction, prononciation, anagramme et synonyme sur le dictionnaire libre Wiktionnaire.
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Français[modifier | modifier le wikitexte]

Étymologie[modifier | modifier le wikitexte]

Du latin jactare (« jeter »).

Verbe[modifier | modifier le wikitexte]

Jeter un tabouret. (1)

jeter /ʒə.te/ transitif 1er groupe (conjugaison)

  1. Lancer avec la main ou de quelque autre manière.
    • De mon cigare il ne me restait plus qu’un bout entre les lèvres, et, après en avoir aspiré les dernières bouffées, je le jette par-dessus le bord. (Jules Verne, Claudius Bombarnac, Hetzel, 1892, chap.3)
    • Or, le bruit se répandit bientôt que le juif avait jeté l’hostie dans une cuve d’eau bouillante, à la suite de quoi l’eau aurait rougi sans s’altérer. (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
  2. Mettre sur soi avec quelque promptitude, en parlant d’un vêtement
    • Jeter un châle, un manteau, etc., sur ses épaules, sur les épaules de quelqu’un,
  3. (À la voix passive) Disposer avec une négligence qui a de la grâce.
    • Ce vêtement, cette draperie, etc., est jetée avec grâce, avec élégance.
  4. (Par analogie) (Peinture) Donner une certaine disposition aux plis d’une draperie dont on revêt une figure.
    • Ce peintre jette mal ses draperies. — Les plis de cette draperie sont artistement jetés.
  5. Fonder ; asseoir ; établir.
    • Jeter les fondements d’un édifice. — Jeter les fondements d’un empire, d’un royaume, d’une république, etc.
  6. Construire, établir, en parlant d’un pont, et surtout en parlant des ponts que l’on fait à la hâte pour le passage des troupes, des armées.
    • Jeter un pont sur une rivière.
    • On parle souvent de la rapidité extraordinaire avec laquelle les Américains ont jeté leur voie ferrée à travers les plaines du Far-West. Mais, qu’on le sache, les Russes ne leur cèdent en rien de ce chef, […]. (Jules Verne, Claudius Bombarnac, Hetzel, 1892, chap.5)
  7. (Figuré) Envoyer prestement en parlant de prisonniers que l’on met en prison.
    • Jeter quelqu’un dans un cachot, dans les fers.
  8. (Figuré) (Militaire) Faire entrer promptement.
    • Jeter des hommes, jeter de l’infanterie, de la cavalerie dans la bataille. — Jeter des munitions, des vivres, etc., dans une place,
  9. (Figuré) Mettre, placer, diriger, envoyer, etc., et souvent avec l’idée d’une certaine violence, de quelque soudaineté ou rapidité dans l’action. — Note : S’emploie ans ce sens tant au sens physique qu’au sens moral.
    • Tout à l’heure, […], j’ai vu un corsage de velours noir se pencher à demi au-dessus d’une fenêtre et de grands yeux noirs jeter un éclair. (Hippolyte Taine, Voyage en Italie, vol.2, 1866)
    • Tenez : faites donc faire un ballot de tout ce qui est envoyable, et me le jetez au roulage. (L. Spach, Les professeurs de Français en Alsace, dans Revue d’Alsace, Vol.14, 1863, p.207)
    • Elle soupira en souriant, me jeta un regard de détresse qui signifiait : « Dieu ! que les hommes sont bêtes ! (Pierre Louÿs, Trois Filles de leur mère, 1926)
    • Il n’avait pas son fusil et, inconsciemment, jetant un regard circulaire autour de lui, chercha une arme meurtrière. (Louis Pergaud, La Vengeance du père Jourgeot, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • Il fut malgré lui jeté dans cette affaire.
    • Jeter rapidement ses idées sur le papier.
    • Jeter les yeux sur quelqu’un, sur quelque chose.
    • Jeter l’effroi, l’épouvante dans une maison, dans le camp, etc.
    • Jeter du ridicule sur quelqu’un.
    • Jeter des soupçons dans l’esprit de quelqu’un.
    • Cette étude historique peut jeter une vive lumière, un grand jour sur les causes de l’événement.
    • Jeter quelqu’un dans le péril, dans un danger.
    • La surprise où les jeta cette nouvelle me fit sourire.
  10. Pousser avec violence.
    • Jeter un homme par terre.
    • Les vents nous jetèrent sur un écueil.
    • La tourmente politique les avait jetés loin de leur patrie.
  11. Pousser, envoyer, lancer hors de soi.
    • M. Constant pressa le bouton d’une sonnerie et jeta un ordre au gardien qui surgit dans l’entre-bâillement de la porte. (Francis Carco, Les hommes en cage, Albin Michel, 1936, p.151)
    • Le reptile jetait son venin.
    • Le tronc de cet arbre jette une espèce de gomme.
    • Cette fontaine jette beaucoup d’eau.
    • Le volcan jette des feux.
    • Un tison qui jette des étincelles.
    • Cette lampe jette un éclat très vif.
    • Jeter un soupir, un cri.
  12. Produire et mettre dehors un nouvel essaim, en parlant des abeilles.
    • Ces abeilles n’ont point jeté cette année.
  13. Produire des bourgeons ou des scions, en parlant des arbres et des plantes.
    • Les arbres commencent à jeter.
    • Cette vigne a bien jeté du bois.
    • Cet arbre a jeté des scions.
    • La vigne ne jette pas encore.
    1. S’enraciner profondément.
    • Ces arbres ont jeté de profondes racines.
    • (Figuré) Cet abus avait jeté de si profondes racines qu’il était bien difficile de l’extirper.
  14. (En particulier) Produire des liquides corporels en parlant d’ulcères, d’abcès, des croûtes de lait, etc.
    • Cet abcès jette du pus.
    • (Absolument)Ces ulcères, ces pustules jettent beaucoup.
    • Ce cheval jette sa gourme.
  15. (Métallurgie) Faire couler du métal fondu dans quelque moule, afin d’en tirer une figure.
    • Jeter une figure, une statue en bronze. — Jeter en moule. — Ce fondeur jette bien.
  16. (Jeux de cartes)Refuser de les jouer, en parlant des cartes.
  17. S’en défaire pour en prendre d’autres, en parlant de cartes au jeu du piquet ou de l’écarté.
    • J’ai jeté les piques.
  18. (Marine) Laisser filer dans la mer.
    • Jeter le plomb, la sonde, pour connaître la hauteur de l’eau ou la qualité du fond.
    • Jeter le loch, pour connaître combien le navire a fait de route pendant un temps donné.

se jeter transitif

  1. Entrer, se réfugier précipitamment en quelque endroit.
    • On poursuivit le voleur, mais il se jeta dans une allée obscure et disparut. — Il se jeta dans le plus épais du bois.
    • (Figuré)Se jeter dans un couvent, S’y retirer.
  2. Se lancer, se précipiter, se porter impétueusement dans, contre, vers quelqu’un ou quelque chose. — Note : Se dit dans ce sens tant au propre qu’au figuré
    • Soudain retentit un bruit lourd de roues ; et quelques moments après, on vint nous dire que la guillotine était arrivée. Nous nous jetâmes tous dans la rue, comme réjouis. (Ivan Tourgueniev, L’Exécution de Troppmann, avril 1870, traduction française de Isaac Pavlovsky, publiée dans ses Souvenirs sur Tourguéneff, Savine, 1887)
    • Se jeter au cou de quelqu’un pour l’embrasser.
    • Se jeter à genoux.
    • Se jeter sur quelqu’un pour le maltraiter.
    • Il se jeta sur son ennemi.
    • Le chat se jette sur la souris.
    • Il se jeta au milieu des ennemis.
    • Il se jette dans le travail à corps perdu.
  3. S’écouler, en parlant d’un cours d’eau qui est affluent d’un autre.
    • Ce fleuve, cette rivière se jette dans la mer, dans un lac, etc.
  4. Se porter avidement sur quelque chose.
    • Les soldats se jetèrent sur ces provisions.

Composés[modifier | modifier le wikitexte]

Dérivés[modifier | modifier le wikitexte]

Vocabulaire apparenté par le sens[modifier | modifier le wikitexte]

Aide sur le thésaurus jeter figure dans les recueils de vocabulaire en français ayant pour thème : bâton, abeille.

Traductions[modifier | modifier le wikitexte]

Traductions à trier[modifier | modifier le wikitexte]

Vocabulaire apparenté par le sens[modifier | modifier le wikitexte]

Prononciation[modifier | modifier le wikitexte]

Références[modifier | modifier le wikitexte]